Coup de gueule d’une ex-Pute

(19/04/2013 by Artémise)

DEUXIEME PARTIE A LIRE ICI-MEME

« Se faire une pute, en solo ou entre potes, mater un gonzo, s’éclater, libérés du joug de la judéo-chrétienté, le sexe joyeux et sans entraves, le plaisir partagé, conjuguer le verbe jouir à l’infini, joindre l’utile à l’agréable, démocratisation du droit au plaisir, égalité au pieu, femmes libérées, misère sexuelle masculine en passe d’être résolue, société génitalement heureuse et libre. »

Féministes pro-sexe © : puisque vous le dites… Les clients veulent de la petite slave à peine majeure, pas chère et bien obéissante (peu leur importe comment ils l’obtiennent) qui sera tenue d’accepter les fellations sans préservatifs et les sodomies à longueur de journée. Les consommateurs veulent voir du film tourné sans capotes, avec des scènes trash et des actrices très jeunes (peu leur importe les conditions de tournage et l’état dans lequel les actrices en sortent). On nous parle de liberté, laquelle ? Celle de satisfaire des clients-rois incapables de la moindre empathie ni de la moindre limite concernant l’autre. Liberté d’exploiter, d’aliéner, de torturer, de briser des vies au nom du « droit à la sexualité » et de la « libération sexuelle ». Mais qu’est ce que cela a à voir avec le sexe ? D’un côté oui il y a des gens qui jouissent, mais de l’autre il y a des personnes qui se droguent, boivent, se dopent au viagra et autre, carburent aux anti-dépresseurs, usent et abusent d’anti-douleurs et de pommades anesthésiantes (au point de s’en tirer avec d’affreuses déchirures parce que oui, la douleur sert avant tout à ça : un avertissement du corps qui dit « stop »), passent sous le bistouri du chirurgien pour se conformer à un idéal esthétique toujours plus exigeant, périlleux pour la santé et l’intégrité physique, des personnes qui finissent par se suicider, se replier totalement sur elles mêmes, qui n’en finissent pas d’essayer de se reconstruire, d’oublier. Est-ce qu’il s’agit vraiment là de sexe ou bien de pouvoir ? Et même si c’était vraiment « juste » du sexe, est ce que ça en vaut la peine, est ce que cet affreux bilan peut être humainement justifié par le plaisir des consommateurs, une poignée de « carrières » réussies ainsi que par les milliards brassés par l’industrie du porno et la mafia de la prostitution ?

 travailleuses du sexe

Je suis toujours surprise de voir à quel point ces sujets sont traités avec légèreté et malhonnêteté par ceux qui s’auto-intitulent « pro-sexe ». Ainsi nous aurions d’un côté les coincés du cul (donc pas bien) et de l’autre les libérés du cul (donc bien). Et c’est tout ? C’est donc une histoire de goût, de pudeur ? J’apprécie grandement l’élévation intellectuelle du débat, avec ça, c’est sûr on va avancer… Ou plutôt c’est la sclérose qui gagne du terrain. Et en attendant le massacre continue dans une quasi-indifférence générale. Les témoignages ? « Oui c’est affreux, oui il faut se battre contre les abus, mais faut pas exagérer hein, ce sont des exceptions ». Des exceptions. Des milliers et des milliers d’exceptions. Et à côté de ça, une seule actrice X se disant heureuse de l’être, une seule pute clamant sa liberté et son choix suffisent à cacher la forêt « d’exceptions ». Le délire d’une société malade, incapable de regarder la réalité en face, chacun préférant ménager sa petite conscience, son petit privilège, son petit intérêt mesquin, sa petite posture « subversive ». Mais elles en crèvent de votre soi disant « libération sexuelle » ! Elles en crèvent, brutalement ou à petit feu, les putes et les actrices porno, de votre « droit au plaisir » ! Et vous, clients-consommateurs, ne vous rendez même pas compte malgré l’évidence que cela ne libère pas pour autant la sexualité et que le plaisir que vous en tirez est frelaté. Les seuls vrais gagnants dans cette histoire sont ceux qui s’enrichissent impunément sur leurs souffrances à elles et sur vos frustrations à vous, messieurs les hédonistes pour qui le plaisir compte tellement que vous payez la garantie que vos partenaires n’en ressentent pas . « Liberté », « Plaisir », « Sexe » mon cul ! Bande d’aliéné-e-s, tous autant que vous êtes, la seule différence entre vous tou-te-s c’est victimes ou coupables.

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45 commentaires pour Coup de gueule d’une ex-Pute

  1. Didier dit :

    BRAVO Artémise. Entièrement d’accord avec toi, Merci pour ce texte fort!

  2. antisexisme dit :

    Merci beaucoup pour ce texte, très touchant et très fort.

    J’ai de plus en plus de mal à comprendre certaines positions féministes. Autant, je comprends qu’on ne soit pas une pure abolitionniste ou qu’on se méfie de la pénalisation des clients ,autant j’ai beaucoup de mal avec cette totale indifférence (voire carrément le mépris) de certaines vis-à-vis des personnes témoignant des souffrances dans la prostitution… Comment des féministes peuvent-elles ne pas s’émouvoir de ces témoignages ? Comment certain-e-s, dits « féministes » peuvent-illes dire cyniquement « Ben elle a qu’à changer de métier, épicétou ! » ou « Ben certaines n’aiment pas être caissière, pourtant on abolit pas le métier de caissière ».

    Bref ce manque d’empathie me sidère. :/

    Je comprends pas aussi que, alors que le viol est unanimement condamné par les féministes, certaines balayent d’un revers de la main les arguments abolitionnistes disant que la prostitution est une violence, en se contentant de dire « abo=catho=facho ». J’ai du mal à comprendre qu’elles ne s’interrogent pas un peu, au moins !

    Surtout avec tous ces témoignages qui apparaissent. Ceux de Salomée, certains sur mon forum féministe (qui est pas mal lu), certains sur internet, et maintenant le tien… C’est pas comme les témoignages anonymes sur le site du Mouvement du Nid. Là, à travers les blogs et les réseaux sociaux, on peut véritablement interagir avec les ex-prostituées qui témoignent. On peut vous poser des questions, etc.

    Bref, je comprends qu’on ne soit pas abolitionniste (moi-même, ça m’a demandé des interrogations, des réflexions… Il m’a fallu un véritable cheminement intellectuel pour en venir à cette conclusion), mais je ne comprends pas la position « prostitution = métier comme un autre, abolitionnisme = caca ». Je comprends pas non plus qu’on ignore et abandonne ces femmes qui ont urgemment besoin d’aide.

    • Artémise dit :

      Je comprends bien ta réaction. D’ailleurs ce texte est le pur produit de ce sentiment mêlé d’incompréhension et de révolte (de raz-le-bol même) face à tous ces discours simplistes et négationnistes, ce manque d’interrogation et de remise en question du système. Venant de gens qui se voudraient « progressistes » et qui se gargarisent de vouloir faire évoluer les rapports entre les hommes et les femmes c’est d’autant plus effrayant.

      « je ne comprends pas la position « prostitution = métier comme un autre, abolitionnisme = caca ». Je comprends pas non plus qu’on ignore et abandonne ces femmes qui ont urgemment besoin d’aide. »
      J’ai évoqué un début de réponse dans mon billet: « incapable de regarder la réalité en face, chacun préférant ménager sa petite conscience, son petit privilège, son petit intérêt mesquin, sa petite posture « subversive ». » Cela mériterait d’être développé, peut être dans un autre article car étant donné qu’il s’agit de plusieurs catégories de personnes, d’intérêts, de postures, etc cela risque d’être trop long pour tenir dans un commentaire.
      En attendant j’encourage vivement quiconque à se poser la question car elle est effectivement cruciale.

  3. hicher rosen dit :

    C’est tellement vrai , des milliers de filles sacrifiées au nom d’une soi-disant misère sexuelle , qui effectivement enrichisse qu’une gamme de gros fainéants . Mais pas les pauvres filles qui sont consommées comme on consomme de la viande .

  4. BDY dit :

    http://golem13.fr/anita-drake-clip-harcelement/
    ca n’empeche pas ma tristesse et ma révolte, c’est une pousière sexiste elle aussi, mais c’est mieux que rien, que se taire.
    cet article aura eu le mérite de faire naître un débat dans un milieu qui cherche à dompter la monstruosité humaine de manière consensuelle.

  5. sporenda dit :

    Ce que les « pro-sexe » entendent par « libération sexuelle » n’est que la libération du droit à la prédation sexuelle que les prostitueurs veulent pouvoir exercer sans entraves sur des catégories sociales « subalternes » que différentes contraintes amènent à la prostitution .
    Je n’ai jamais entendu personne évoquer la libération sexuelle des prostituées, leur droit à avoir elles aussi des relations sexuelles qui leur donnent du plaisir n’est jamais mentionné.
    Merci Artémise, tout est dit, et avec quel punch.

  6. Inconnue dit :

    Distinguons de ce qui subissent à ceux qui décider d’entrer dans ce système de l’industrie porno
    il est claire que c’est pas le monde des bisounours et cessons aussi de ne voir que d’un côté les femmes, de l’autre les hommes abuseurs, violeurs, et méchants. Le monde avancera quand nous nous considérons comme unie et pas chacun de son côté à blâmer l’autre camp.

    • Artémise dit :

      « il y a des personnes qui se droguent, boivent, se dopent au viagra et autre, carburent aux anti-dépresseurs, usent et abusent d’anti-douleurs et de pommades anesthésiantes (au point de s’en tirer avec d’affreuses déchirures parce que oui, la douleur sert avant tout à ça : un avertissement du corps qui dit « stop »), passent sous le bistouri du chirurgien pour se conformer à un idéal esthétique toujours plus exigeant, périlleux pour la santé et l’intégrité physique, des personnes qui finissent par se suicider, se replier totalement sur elles mêmes, qui n’en finissent pas d’essayer de se reconstruire, d’oublier. »
      Dans ce passage je ne met pas les femmes d’un côté et les (« méchants ») hommes de l’autre. Logiquement le viagra aurait dût vous mettre sur la piste et si vous relisez attentivement vous vous rendrez compte que tout ce que je dénonce ici (sauf la petite pilule bleue donc) peut être vécu par les deux sexes. Des hommes aussi souffrent dans la prostitution et la pornographie ; Seulement force est de reconnaître que les femmes sont majoritaires, beaucoup plus exploitées, en meurent plus et que la quasi-totalité des consommateurs sont des hommes. D’où la distinction féminin/masculin qui prédomine dans le texte.

      « Distinguons de ce qui subissent à ceux qui décider d’entrer dans ce système de l’industrie porno » Lol. Oui, il est important de distinguer l’arbre heureux de la forêt qui brûle, ça serait dommage qu’il attrape un rhume en étant arrosé par les pompiers.

      • Tillet dit :

        Je ne suis pas d’accord lorsque vous dites : <>
        Les clients de la prostitution sont exclusivement des hommes ?
        C’est très curieux ! La réalité est bien différente. Mais on peut voir à quel point la prostitution masculine en direction des femmes est taboue. Et pourtant, comme chacun le sait, à part vous,cette prostitution existe bien (gigolo, escort-boy,…). Je suis donc désolé de vous apprendre que les hommes ne sont pas les seuls clients des prostitué(e)s. Il y a aussi, de plus en plus, des femmes clientes. De plus, il existe une prostitution lesbienne. Mais, chut !

        • spermufle dit :

          De mémoire, les stats indiquent que 98% des clients sont des hommes. Mais oui, parlons des cas marginaux pour nier la réalité. Sous prétexte que les familles Tata et Mittal ont du pognon, contestons que les Indiens sont globalement pauvres…

          • Tillet dit :

            Vous dites n’importe quoi. 98 % des clients sont des hommes.
            D’où tenez-vous ces chiffres ?
            Il n’existe pas de chiffres fiables sur la question. C’est d’ailleurs impossible. Ce sont des chiffres « bidons »inventés et lancés par les abolitionnistes pour faire peser leurs arguments. Chut !

            • Artémise dit :

              « Il n’existe pas de chiffres fiables sur la question. C’est d’ailleurs impossible. »
              Ah bah oui tiens, pas de chiffres ( impossible, vous dis-je ! ), ce qu’on voit dans la rue est une illusion d’optique et les sites d’annonces sont des faux créés par les abolitionnistes pour brouiller les pistes… Un petit prozac très cher(e) ?

        • Artémise dit :

          « Mais on peut voir à quel point la prostitution masculine en direction des femmes est taboue. »
          Oui effectivement, tellement taboue qu’elle représente concrètement une infime part du marché. Sinon, j’adore votre petit ton péremptoire et délicieusement « provocateur » (croire qu’on va jeter un pavé dans la mare en parlant prostitution masculine, hum). Mais chut !

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  9. Abigail dit :

    Très beau texte, merci. J’ai moi aussi du mal à comprendre qu’on puisse se dire féministe, avoir pignon sur rue (blogs, médias) et qu’on déclare un discours du genre: regardez, les putes parlent, et elles sont contente, le tout illustré d’une itw d’un(e) membre du Strass.
    Le tout en fermant les yeux sur les prostitué(e)s sous la coupelle d’un proxénète ou d’un mac (90 à 90% en France me semble-t-il d’après les chiffres) , qui évidemment ne peuvent pas se rendre chez Taddéi et consorts pour expliquer ce que vit l’immense majorité d’entre elles /eux.
    Ces même qui se disent de gauche et revendiquent le droit des hommes à faire ce que bon lui semble du corps des femmes, puisqu’ils ont payé, et que visiblement, tout s’achète.

    Effectivement, se dire abolitionniste, c’est passer pour une coincée du cul, prude et relou. (un moindre mal vous me direz)

    C’est pourquoi je vous remercie pour votre texte.

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  11. georges dit :

    Quand je lis ce genre de texte décrivant toutes les atrocités que peuvent procurer un phallus, je me dis que les hommes dans leur ensemble devraient prendre les devants et faire une bonne grève du sexe…

  12. Miaramaou dit :

    Seulement c’est généralement l’expression de leur domination, de ce fait je pense qu’on peut attendre longtemps. Mais effectivement quoi de plus effarant que ce j’m’en foutisme exacerbé, ce désir de préserver son petit confort de pacotille, sa jouissance à tout prix, même s’il en coûte énormément à d’autres ? Mais que faire de notre côté sinon dénoncer l’inacceptable ? Personnellement je ne vois pas trop. J’espère simplement qu’une remise en question s’opérera chez certain-e-s. D’où la nécessité d’écrits qui puissent témoigner de cette horreur, que les gens qui doutent se sentent également moins seuls.

  13. Z dit :

    Le jour où on n’aura plus besoin de féminisme, on n’aura plus besoin de prostituées…

  14. Raoul dit :

    Vous parlez des conséquences sans jamais abordé le problème des causes premières, de l’origine du mal.

  15. Raoul dit :

    Vous parlez des conséquences sans jamais aborder le problème des causes premières, de l’origine du mal.

  16. Byabya dit :

    Le manichéisme n’aide pas le monde à avancer. Je comprends les sentiments forts de ton texte et la cause est noble, mais je retiens cette phrase où tu dis qu’une sur dix mille clame sa réussite où les 9999 autres se meur(tri)ent. Cette phrase qui sous-entend que « toi, regardant de porno, va te couper ta verge d’assassin ». J’ai comme tout le monde regardé du porno, je n’ai jamais maltraité quelqu’un est je suis le premier à me battre contre le machisme et je n’hésite pas à dire que je suis dans une école d’infirmière (et non d’infirmiers puisque la majorité est féminine). Alors dois-je être considéré comme un assassin ou un « gentil » ?
    Il y a du bon au porno, cela évite à beaucoup de jouir de leurs fantasmes (parfois déviants, souvent même) hors de devant leur écran, à savoir pour la « madametoutlemonde » qui aurait le malheur d’être dans la rue en même temps que lui.
    Oui il y a du mauvais par les mafias qui conduisent tout ça. Mais la mafia ne l’industrie alimentaire t’empêche-t-elle de manger pendant que le petit gamin du tiers monde crève de faim ? Certes, la violence du monde de la bouffe est moins violente, parce qu’on peut montrer un petit ours bleu qui sourit, un petit blond qui croque à pleine dent, pourtant la famine est le plus grand fléau du monde (2 milliards de gens touchés) pendant que nous, on se farcie une dinde à noel.

    Mais là je dévie parce que c’est accusateur et ce n’est pas mon but. Moi c’est juste le féminisme extrême exprimé dans le texte mais surtout dans les commentaires qui me révolte !!! Qu’en est-il du jeune malaisien qui se fait prostituer par des veilles pleines au as, de 70 balais ? Le terme de gigolo existe, et proxénète peut s’accorder au féminin, c’est ce que je vous demande de ne pas oublier 😉

    Sinon très bel article, superbement écrit et très fort en sentiment et en causes justes !!! Le mal c’est la perversion de la liberté sexuelle (proxénétisme, orgie contemporaines, etc…), pas le fait d’avoir un phallus ou une vulve 😉

    • spermufle dit :

      « l y a du bon au porno, cela évite à beaucoup de jouir de leurs fantasmes (parfois déviants, souvent même) hors de devant leur écran, à savoir pour la « madametoutlemonde » qui aurait le malheur d’être dans la rue en même temps que lui. »

      ==> OK. Sacrifions prostituées et actrices de porno sur l’autel de la protection des femmes lambda.

      « Mais là je dévie parce que c’est accusateur et ce n’est pas mon but. Moi c’est juste le féminisme extrême exprimé dans le texte mais surtout dans les commentaires qui me révolte !!! »

      ==> Et le sort des prostituées ou des actrices de porno ravagées, ça te révolte moins que le « féminisme », donc. Vous avez un sens des priorités typiquement masculin. Ou plutôt, patriarcal.

      • Lora Crohain dit :

        « Sacrifions prostituées et actrices de porno sur l’autel de la protection des femmes lambda. »
        Non, pas lambda, seulement la protection les femmes que Byabya aime, des femmes honorables : SA femme, SA fille,,Sa sœur… Parce que les violeurs, c’est toujours les autres.

        Qu’est ce que le féminisme « extrême »? Celui qui dit que les femmes et les hommes sont égaux en droits en en devoirs et qu’il n’y a pas une classe de femmes destinée à assouvir les fantasmes sexuels des hommes, contre un billet? De préférence des femmes jeunes (voire très jeunes), pauvres et étrangères? J’appelle ça justice et démocratie, tout simplement, quel extrémisme!

    • Artémise dit :

      « Cette phrase qui sous-entend que « toi, regardant de porno, va te couper ta verge d’assassin ». J’ai comme tout le monde regardé du porno, je n’ai jamais maltraité quelqu’un est je suis le premier à me battre contre le machisme et je n’hésite pas à dire que je suis dans une école d’infirmière (et non d’infirmiers puisque la majorité est féminine). Alors dois-je être considéré comme un assassin ou un « gentil » ? »

      Cette phrase est juste, purement et simplement, l’expression de la culpabilité que vous ressentez. Cela vous appartient dans le sens où son origine de se situe pas dans mon discours mais dans la manière dont vous gérez votre confrontation à la réalité qu’il met en mot et qui n’est après tout que ma propre vision des choses, c’est à dire que vous pouvez tout à fait choisir de l’ignorer ou d’y opposer votre propre interprétation avec des arguments, des exemples, bref une réflexion personnelle construite et non parasitée par votre culpabilité.
      Enfin, c’est une réaction assez banale et qui ne justifie pas pour moi un rejet ou une condamnation par principe de vous même, cependant n’attendez pas de moi que je m’attelle à soulager votre conscience ou que je vous suive dans un débat qui se baserait sur un rapport de force verbale.

      Il y a néanmoins beaucoup de choses qui me gênent dans votre commentaire et en premier lieu votre manière de vous adresser à moi en me prêtant des mots et des idées qui, je me répète, n’appartiennent qu’à vous et me sont étrangers. Seulement contrairement à vous je n’entretiens pas (plus) de rapport malsain et contreproductif avec la culpabilité, je ne vous suivrai donc pas sur le terrain de la surenchère et de la justification stériles (je suis parfaitement au clair avec ma propre conscience).
      Ça n’est pas à moi de vous dire si vous êtes un « assassin » ou un « gentil », je ne m’estime pas comme apte à m’ériger en juge suprême de la bonne conduite et de toute façon je sais à quel point cela ne servirait absolument à rien: il n’y a que vous (et de façon général tout le monde moi y compris) qui puissiez avoir ce rôle envers vous même et décider de changer, ou pas, votre vision des choses ainsi que votre fonctionnement et donc ensuite vos actes.

      En conclusion je ne fermerai pas vraiment ni définitivement la porte de la communication avec vous mais j’y poserai certaines conditions (sans quoi cette communication, dans le sens strict du terme, est impossible) et je ne reviendrai pas dessus. Essayez autant que possible de pacifier la manière dont vous vous adressez à moi, en gérant votre culpabilité et prenez du recul, rationalisez mon discours ainsi que le vôtre.
      Je vous propose de commencer par essayer de m’expliquer ceci et d’essayer de prouver que cela se trouve réellement dans mon texte :
      -« féminisme extrême exprimé dans le texte »
      (qu’est ce donc ? Où en voyez vous ?)

      – « Le terme de gigolo existe, et proxénète peut s’accorder au féminin, c’est ce que je vous demande de ne pas oublier  »
      (???, je ne l’ai pas nier (et je suis parfaitement au fait de ces choses là) ni frontalement ni même par sous-entendus, en revanche je n’ai pas centré mon texte là dessus c’est vrai. Est ce un reproche vraiment justifié ? Si vous pensez que ces questions sont autant ou plus importantes que celles que j’évoque déjà le fait que vous preniez la peine de les développer vous même n’est pas antithétique avec ma propre démarche et vous aurez tout mon soutien).

      -« Mais la mafia ne l’industrie alimentaire t’empêche-t-elle de manger pendant que le petit gamin du tiers monde crève de faim »
      (je ne vois pas le rapport. Si j’arrête de me nourrir moi aussi je crèverais de faim, c’est tordu comme raisonnement)

      -« nous, on se farcie une dinde à noel »
      (qui ça « nous » ? Où ai je dis que j’avais une alimentation non-végétalienne ?)

      -« Le manichéisme n’aide pas le monde à avancer »
      (dit comme ça c’est joli mais en l’occurrence de quoi parlez vous ? Du manichéisme se trouvant (peut être) réellement dans mes idées ou de celui qui émane de vous et dont vous semblez n’avoir pas même conscience ?)

      -« Cette phrase qui sous-entend que « toi, regardant de porno, va te couper ta verge d’assassin » » (la phrase en question (« une sur dix mille clame sa réussite où les 9999 autres se meur(tri)ent ») est un simple constat se basant sur une réalité appréhendé à l’aide de sources fiables, statistiques, expériences personnelles et témoignages nombreux ainsi qu’à l’aide d’une compréhension logique du phénomène. Si vous comprenez que la seule solution est de se couper la bite ça vous regarde, pour ma part je préconiserai plutôt de changer sa vision des choses et son rapport à l’autre et à soi-même. J’ai beaucoup d’espoir et de foi quant aux capacités des hommes et des femmes à évoluer et je crois que c’est un peu ça la base et la raison d’être du féminisme. Libre à vous d’être persuadé que de tels changements sont impossible et que la mutilation est une solution acceptable. Encore une fois ce n’est pas à moi de vous aider à tordre ou atténuer le réel pour soulager votre conscience et atténuer votre sentiment de culpabilité. Si vraiment cela vous est insupportable je le comprend mais n’attendez pas de moi une complaisance active. (un conseil, la peur irrationnelle de la castration c’est mauvais signe, posez vous de bonnes questions à ce sujet)).

  17. Merci pour le texte. Je le trouve plus qu’intéressant !

    Je voudrais signaler que si la prostitution empêchait les viols et autres agressions sexuelles, ça se saurait depuis le temps. Il me semble même qu’une étude écossaise indique que les « clients » prennent l’habitude de ne plus considérer les femmes comme des êtres humains mais comme des produits qu’on peut se payer. Alors l’argument du sacrifice de certaines pour le bien être des autres ne tient pas. http://www.prostitutionetsociete.fr/eclairage/acteurs/110-clients-interroges-en-ecosse?lang=fr
    Je considère que la prostitution n’est pas meilleure qu’elle soit masculine ou féminine, ça reste de l’exploitation pure et dure, le symbole d’une domination intime d’un être sur un autre !

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  19. tangakamanu dit :

    J’apprécie la réponse d’Artémise à Byabya et je diffuse le texte de votre article : votre combat est le mien.
    Victor Khagan, membre zéromacho.
    L’excision est un crime barbare. L’agression sexuelle est un meurtre psychique. Le machisme tue.

  20. Georges dit :

    C’est dingue: moi aussi, comme à vous Artémise, on n’arrête pas de me dire que je suis un « coincé du cul ». Je crois vraiment que nous sommes faits l’un pour l’autre.

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  23. Marcel Charest dit :

    Tous ces comportements à l’égard du sexe, tous ces comportements à l’égard de tout. Je me rappelle le reportage aux nouvelles de Radio-Canada, qui montrait, dans une ville en Chine, une petite fille de 2 ou 4 ans se faire passer dessus en marche avant et arrière par un automobiliste, devant une foule apparemment indifférente. Les gens n’intervenaient pas, ils disaient craindre les représailles juridiques!

    • djludo dit :

      Aucun rapport…

      et pour votre information, s’il a fait marche arrière, c’est pour achever les souffrances du bébé qu’il estimait condamné… les gens ne pensaient pas autrement, je ne sais pas ce que vient faire l’histoire des « représailles juridiques »

      maintenant si vous savez comment diriger un pays d’1,344 milliards individus mieux que les dictateurs chinois, nous sommes preneurs, mais commencez alors par vous occuper de la France, car pour l’instant nous avons pris beaucoup de retard

      et là bas pas de déviance donc pas d’homosexualité, par contre les geisha existent et il y a beaucoup à apprendre de cette culture millénaire et sage qui n’a jamais déclaré la guerre à l’extérieur de ses frontières

  24. Jordane dit :

    Très bon texte ! Merci il est juste parfait !

  25. Ping : La Tentation du Lundi II | Un peu de Mollesse… Et beaucoup de Muflerie

  26. djludo dit :

    Tout cela n’a pas grand sens. Dénoncer la prostitution au motif que des femmes (ou des hommes semble-t-il) seraient exploitées et contraintes à la pratiquer, c’est effectivement facile et intellectuellement fort malhonnête.
    L’esclavage existe, oui, et je ne sais pas qui essaie de le minimiser (les hommes qui vont voir des prostituées d’après vous?!). Ce que je sais, c’est que les pouvoirs publics laissent faire. Et ce pour une raison simple, c’est qu’ils y ont intérêt.
    La posture abolitionniste que vous défendez se base sur des considérations morales sans fondements, niant la réalité biologique, la nature des rapports hommes / femmes depuis des milliers d’années, et le fait que la femme prostituée se considère elle-même comme une « arnaqueuse » de profiter des besoins sexuels de l’homme pour s’enrichir facilement (j’en ai rencontrées beaucoup pour le savoir, sans pourtant en être client d’ailleurs)
    Mais, vous prétendez que votre posture pour le moins affligeante aurait pour but de sauver la forêt qui serait en flamme. Tout au contraire, il est évident que faire entrer la prostitution dans le champ de la clandestinité c’est faciliter un peu plus encore le travail des mafias. Vous jouez bien trivialement au pompier pyromane et ne cherchez qu’à vous attaquer aux prostituées qui ne sont pas exploitées, et ne pourront plus travailler de façon indépendante. Ceci afin de laisser le champ libre aux mafias…
    La réalité, c’est que votre discours sert les organisations criminelles que vous prétendez combattre, et donc vous seriez bien avisée de cesser d’insulter des hommes et des femmes qui, contrairement à vous, n’ont rien à se reprocher!
    Merci

    • spermufle dit :

      Ouaouh on a encore affaire à un anthropologue doublé d’un historien, doté de solides références tirées de sa propre expérience (dont il ne se demande pas un seul instant dans quelle mesure elle affecte son objectivité). Et qui ne s’est pas un seul instant renseigné sur la différence d’impact sur la criminalité liée au marché du sexe en Suède et en Allemagne (deux pays aux approches radicalement différentes).

      Bref, quelqu’un qui ne sait pas de quoi il parle… Mais il en parle.

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