Toutes mes excuses

(23/12/2012 by Spermufle)

Chers Muflonautes,

La dernière bafouille parue ici (la lettre incendiaire de la féministe Nathalie Bichon) était purement fictive, comme certain(e)s l’ont pressenti.

Cependant, l’auteur est bel et bien une auteure. Il s’agit d’une amie, confrontée à plusieurs titres à la violence masculine depuis sa non-tendre enfance, qui estime qu’associer au féminisme certaines opinions, certains comportements (tels que la prostitution), relève de l’imposture.

Ses intentions étaient exclusivement parodiques. Au fil des mois, son agacement est allé crescendo face au discours prétendant le féminisme se résume à la capacité d’exercer des choix ; peu importe si l’option retenue s’inscrit dans un schéma patriarcal, voire même le consolide, ou si divers facteurs restreignent le libre arbitre.

dyn003_original_560_330_jpeg_2656757_e0adf5a996488cce3928660481865110Quelques années plus tôt, mon amie s’est prostituée. Elle tenait alors un discours qui épousait sans réserve les thèses du féminisme pro-sexe © (formule qui relève en soi de la plus grande malhonnêteté, elle suggère que les féministes abolitionnistes diaboliseraient la sexualité, telle une bande d’austères Mennonites) : « Je choisis librement de me prostituer en tant qu’escort-girl, sans pression masculine je décide que mon corps est un instrument au service de mes intérêts ». Au fil des années, elle a pris ses distances avec une telle approche. Elle a notamment réalisé qu’à travers la prostitution, en couchant avec ces hommes sans désir (l’obligeant à recourir à la décorporalisation), elle rejouait à l’infini le traumatisme primordial. En d’autres termes, son violeur a commencé le travail de réification (= réduction à l’état d’objet), les clients l’ont poursuivi.

Mon amie estime que l’ironie est un instrument utile pour diffuser un message. Il est important de ne pas être trop sérieux, et de savoir, dans une perspective militante, mettre les rieurs de son côté. Aussi a-t-elle découvert avec surprise qu’on jugeait son billet parfaitement crédible malgré ses outrances.

Après réflexion, est-ce si étonnant ?

LePenLe terrorisme intellectuel est une des marques de fabrique des féministes pro-sexe ©. Quiconque n’est pas de leur avis passe automatiquement pour un phobique, tantôt des prostituées, tantôt des malades mentaux, ou que sais-je encore. Le procédé est particulièrement visible sur la question du voile islamique. Si on égratigne les femmes qui le portent, on est qualifié sur-le-champ de raciste, voire de crypto-lepéniste. Pourtant… Primo, l’Islam est une idéologie, qui en tant que telle peut être discutée, voire critiquée ; considérant les Musulmans comme mes égaux, je ne vois pas bien ce qui justifierait que je les traite différemment du reste de la population. Secundo, rappeler l’aspect fondamentalement patriarcal des monothéismes proche-orientaux équivaut à enfoncer une porte ouverte. Tertio, le port du voile véhicule une conception particulière de l’Islam, il s’inscrit dans un projet culturel et politique qui n’a rien à envier à celui de Civitas.

De même, la formule « nier que pour certaines femmes se prostituer est une vocation, c’est du puritanisme » a été employée par un travesti sexagénaire militant au STRASS. La réduction des abolitionnistes (de la prostitution) à une caricature, celle de la vieille bigote asexuée, vient souvent se substituer à tout autre argument.

imagesQuant à la tirade disant que la véritable violence n’est pas celle exercée par les hommes (à travers la prostitution, le harcèlement, ou la brutalité conjugale), mais par les féministes qui imposent leurs valeurs, elle figure bien dans la panoplie argumentative d’une Virginie Despentes, qui affirme que « c’est le contrôle exercé sur les femmes qui est violent, cette faculté de décider à leur place ce qui est digne ou ce qui ne l’est pas ». Logique mortifère, car elle fournit au patriarcat un excellent moyen d’oppression sur les femmes. Celles qui lui sont soumises se contentent de leur sort et y trouvent une gratification narcissique (en se percevant féministes), plutôt que de chercher une échappatoire. Mon amie a poussé cette logique jusqu’à son comble : si l’on estime que l’aspect destructeur de la prostitution relève de la légende urbaine, même lorsqu’elle est « choisie », pourquoi ne pas minorer la violence conjugale ?

Virginie Despentes soutient en outre que «le monde économique aujourd’hui étant ce qu’il est, c’est-à-dire une guerre froide et impitoyable, interdire l’exercice de la prostitution dans un cadre légal adéquat, c’est interdire spécifiquement à la classe féminine de s’enrichir, de tirer profit de sa propre stigmatisation ». On peut appliquer le même raisonnement au harcèlement sexuel dans un cadre professionnel, et prétendre, comme la pseudo-Nathalie Bichon, que céder aux avances de son patron est un acte féministe.

pict_dnBdYHFnYWU1Ozk4Oj4oYH53YGJicCs4bXtgaTN@a31HQ0QMUkRPUU5BBRodHBsJQ0dLQQkHBQQOChRMX0kYWTYsMH53cHY=A la lumière de ces éléments, on se rend compte que les féministes pro-sexe © ne sont en rien subversives. Soyons logique un instant : ce courant bénéficie d’une exposition médiatique remarquable, supérieure à toute autre chapelle du féminisme. C’est justement parce qu’il flatte le patriarcat, le système de pensée dominant, qu’on lui offre autant la parole. Le débat sur la prostitution est à cet égard très significatif : si les médias considèrent le STRASS comme un interlocuteur crédible, malgré sa faible représentativité (nombre d’adhérents limité, masculins en majorité), c’est parce que son discours n’a rien de révolutionnaire, et qu’il colle aux attentes de la masse. Celle-ci a envie de se convaincre que, non, la prostitution n’est ni cause, ni conséquences de troubles psychiques particuliers, et que, oui, les clients sont des chics types.

Quoiqu’il en soit, toutes mes excuses à mon lectorat.

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20 commentaires pour Toutes mes excuses

  1. l'elfe dit :

    Franchement, je ne me serais jamais doutée que ce « témoignage » était faux !
    Car oui, certaines personnes se revendiquant féministes tiennent des discours absolument hallucinants et affreux. En voici un de Marcela Iacub, j’ai d’abord pensé qu’il était faux d’ailleurs tellement c’est aberrant de cynisme et finalement totalement anti-féministe, mais connaissant un peu l’auteure, malheureusement je crains qu’il n’y ait rien d’ironique là-dedans. http://www.liberation.fr/societe/2012/12/14/prostitutionnellement_867737

    • spermufle dit :

      J’ai lu. J’ai le sentiment qu’elle reproche aux féministes traditionnelles de ne pas s’attaquer à la logique transactionnelle qui régit les mécanismes d’accouplement (et dont la prostitution est une version caricaturale), ce qui est absolument faux. J’avoue avoir eu envie d’empoisonner son volatile pour le rendre incontinent, après avoir pris connaissance de sa bafouille.

  2. Maa Durga dit :

    « Le terrorisme intellectuel est une des marques de fabrique des féministes pro-sexe ©. Quiconque n’est pas de leur avis passe automatiquement pour un phobique, tantôt des prostituées, tantôt des malades mentaux, ou que sais-je encore. »

    Pour le coup des malades mentaux, ça c’est une attaque envers moi.
    Désolée d’avoir détecté des propos qui relevaient de clichés stigmatisants, si c’est du terrorisme intellectuel, toutes les féministes le pratiquent lorsqu’elles relèvent des propos sexistes. De plus, ce n’est pas comme si je n’avais pas argumenté. Mais apparemment, émettre une critique argumentée équivaut à mettre un flingue sur la tempe, c’est bon à savoir.
    Si le propos ne te parait pas pertinent, ce serait bien d’avoir des contre-arguments, plutôt que de jouer à la personne qui hurle qu’on veut la faire taire lorsqu’elle fait tout pour faire taire les autres avec des attaques injustifiées.

    • spermufle dit :

      Ce n’est pas spécifique à toi et j’avais oublié notre échange à ce propos.

      Très bien, je vais argumenter : des parcours prostitutionnels comme celui de Mélange Instable, qui a posté ce soir, j’ai pu en être témoin à de multiples reprises. Il me semble très clairement qu’il est d’une grande banalité, y compris dans un cadre de libre choix en apparence. Le libre arbitre absolu est une chimère, surtout lorsqu’il y a un arrière-plan de traumatismes sexuels, de carences affectives, de troubles de la personnalité, un rapport délicat à son corps, etc. C’est valable pour tout un chacun, pas seulement les prostituées. Pour en revenir à ces dernières, ayant constaté que plus elles pratiquaient, plus elles étaient abimées. Il est logique que j’oeuvre contre les artisans de leur détresse, c’est à dire les clients. C’est donc un peu gonflé de me décréter « putophobe » dans ces conditions.

      On peut argumenter, mais lorsqu’on postule que le contradicteur est nécessairement animé d’intentions souterraines malveillantes, on quitte le champ du débat courtois et civilisé. Respecter la parole de quelqu’un ne signifie pas nécessairement prendre pour argent comptant tout ce qu’il raconte. Je trouve enfin qu’on dégaine bien vite le terme « stigmatiser » de nos jours, qui m’a plutôt l’air de signifier en réalité « ne pas ménager l’orgueil d’autrui ».

  3. Euterpe dit :

    Super article ! Je plussoie à tout.

  4. Dioptase dit :

    L’homme et la femme ou plutôt , les polarités féminine et masculine ne sont pas egales mais complementaires. Apparemmet cela semble toujours difficile à comprende…

  5. Dioptase dit :

    Entre l’air et le refrain… ni de vénus ni de mars. Il serait bon d’apprendre à sortir des clichés. Ces 2 pôles sont en chaque individu. Certaines personnes ont réglé cette dualité, d’autres non mais il est vrai qu’à notre époque c’est loin d’être facile.

  6. Grunt dit :

    « Secundo, rappeler l’aspect fondamentalement patriarcal des monothéismes proche-orientaux »

    À ma connaissance, les monothéismes sont le judaïsme, l’islamisme et le christianisme, si je ne m’abuse. Je ne vois pas l’intérêt de rajouter « proche-orientaux » dans la mesure où les trois sont fondamentalement patriarcaux.

    • spermufle dit :

      Les Sikhs (religion Indienne) sont monothéistes. De mémoire, les Zoroastriens le sont aussi (à vérifier). J’aurais également pu écrire « religion Abrahamique ».

  7. Belgarel dit :

    Petite diatribe (désolé, c’est un peu long) sur un point de détail, mais une question qui m’intéresse beaucoup.
    En-dehors de cela, merci pour ces précisions sur le « choix », que je n’avais personnellement pas tant appliquées à des questions comme, justement, le voile.

    « Si on égratigne les femmes qui le portent, on est qualifié sur-le-champ de raciste, voire de crypto-lepéniste. Pourtant… Primo, l’Islam est une idéologie, qui en tant que telle peut être discutée, voire critiquée ; considérant les Musulmans comme mes égaux, je ne vois pas bien ce qui justifierait que je les traite différemment du reste de la population. »
    Précisément parce que ce sont tes égaux par la pensée, dira-t-on peut-être. Mais surtout, parce que ta voix fait partie d’une foule qui ne sent pas forcément très bon.

    Je fais ici l’hypothèse d’un musulman étranger, n’ayant rien à voir avec la France ou la « civilisation » occidentale. Bref, un schéma dont la pertinence ne cesse de baisser, où l’un et l’autre sont deux complets étrangers. Lequel schéma ne correspond pas à la réalité des populations musulmanes françaises.
    La barbarie, c’est de croire qu’il existe des barbares, disait Lévi-Strauss. Autrement dit : on ne peut pas juger un autre système de valeurs à partir de son propre référentiel, idéologiquement situé (car justement, comme tu le disais, toute idéologie, y compris la mienne, est discutable). Si des « étrangers » pratiquent le cannibalisme, le viol, le matriarcat, le polythéïsme ou la consommation de viande, nos jugements sur leurs pratiques n’ont aucune pertinence, et ne servent qu’à nous complaire dans nos propres valeurs – et parfois, erreurs.
    C’est au siècle des Lumières que s’affirme la notion de « civilisation », car les penseurs occidentaux d’alors émettent des lois et principes « universels », « naturels » (quoi que ce mot puisse vouloir dire…) Voltaire se moque par exemple de toutes les religions du monde, car il y décèle les mêmes ridicules : il les rapproche, met tout à plat, abolit les frontières et distances. Le problème, c’est que quand tout se vaut, n’importe qui peut apporter sa « Lumière ». C’est-à-dire, le plus puissant, le dominant. Quitte à pratiquer le génocide culturel, le déracinement…
    La fin du vingtième siècle préfère la notion de « culture » : toutes les « cultures » (ou « sous-cultures ») ont leurs propres référentiels de valeurs, et bien orgueilleux qui prétend avoir trouvé LE BIEN universel, pour un Progrès de l’Humanité.
    Dans ce cadre-là, juger l’Autre (et le juger selon ses propres principes), c’est le condamner, pour faire reluire les siens.

    En réalité, ce n’est pas tant le fait que l’islamisme (ou l’islam) soient des idéologies, que le fait que ces idéologies ne sont pas hermétiquement séparées de nos sociétés, qui nous permet d’ouvrir le débat.
    C’est ma profonde conviction que les populations musulmanes de France ne sont pas des « Autres », des « Étrangers » en terre étrangère ; mais que ce sont des populations françaises stigmatisées (pour des raisons raciales plus que religieuses) en quête d’identité. Les pères des musulmans de France n’étaient pas musulmans, ou alors, ils étaient musulmans vert pâle. J’attribue beaucoup de ce courant islamiste au retournement du stigmate.
    [Pour les autres musulmans, je connais vraiment trop peu l’histoire de ces pays, mais rien que de voir le capitalisme dans le monde, ou les périodes coloniales, ou l’héritage des religions monothéistes, permettrait peut-être d’apporter quelques éléments de réflexion à la mode géopolitique de comptoir.]

    En revanche, il est fréquent de constater, derrière des propos anti-voile, des raisons effectivement racistes. Le débat sur le voile à l’école a fait intervenir, fort mal à propos, la « laïcité » dans l’interdiction des signes potentiellement religieux (! respect de chacun = censure de tous ?!) : cette position est purement démentielle, et dans le cadre d’un débat orientée anti-voile, stigmatisante.
    Comment reprocher, dans ces conditions, aux pro-voile, de se méfier d’un racisme d’État, qui ne demande que le bon prétexte (fût-ce le féminisme) pour rejetter l' »Autre » en-dehors de ses frontières, de sa population, de sa « civilisation » qui le vaut bien ?
    Quand on marche dans une haie d’épines, il vaut mieux prendre des pincettes. Donc, traiter les musulmans selon ses convictions, mais traiter la question avec la plus grande prudence.

  8. Ping : Tortionnellement « belgland

  9. Nimesh dit :

    « A la lumière de ces éléments, on se rend compte que les féministes pro-sexe © ne sont en rien subversives. Soyons logique un instant : ce courant bénéficie d’une exposition médiatique remarquable, supérieure à toute autre chapelle du féminisme. »

    ce n’est pas vrai.

    Ce sont les féministes radicales qui tiennent le crachoir. Tant et si bien que tout le monde pense que Osez le Féministes représente les féministes alors qu’il ne représent que certaines féministes.

    Virginie Despentes soutient en outre que «le monde économique aujourd’hui étant ce qu’il est, c’est-à-dire une guerre froide et impitoyable, interdire l’exercice de la prostitution dans un cadre légal adéquat, c’est interdire spécifiquement à la classe féminine de s’enrichir, de tirer profit de sa propre stigmatisation »

    bravo Virginie Despentes. J’ai lu à l’époque votre livre « King Kong Théorie », que j’ai beaucoup aimé. J’ai lu « Baise moi », et j’ai aussi beaucoup aimé.

    • Artémise dit :

      Et vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi Virginie Despentes, à qui vous dites « bravo » pour ses idées concernant la prostitution, à préféré le milieu de la littérature (pourtant pas spécialement réputé, à juste titre, pour être particulièrement tendre ni même vraiment lucratif pour ses auteurs) au statut de « pute libre bien dans sa peau et qui gagne un max de blé » ?
      Êtes vous du genre à prendre pour argent comptant tout ce que vous lisez/entendez ?
      Êtes vous du genre convaincu que les inégalités de salaire et la difficulté d’accès à des postes de pouvoir et réellement rémunérateurs touchant les femmes, et spécifiquement plus les femmes que les hommes, sont une raison pour que celles-ci en soient réduites à ce que l’état mette en place et organise pour elle, pour « réparer cette injustice », des structures où des hommes pourraient bénéficier de l’accès à leurs orifices en contrepartie d’une obole permettant à ces femmes de se nourrir ??
      Soyez sérieux deux minutes, et expliquez nous en quoi cela serait une avancée féministe, en quoi cela serait une victoire des femmes pauvres sur le système patriarcal/capitaliste.
      Vous ne trouvez pas ? Bah oui, pas étonnant, ceci n’est pas expliqué dans les écrits de Despentes, qui se contente de l’affirmer sans l’étayer, trop occupée à soigner sa posture subversive au moment où elle écrit « king kong théorie » . Sinon, au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, cet essai est bien plus une catharsis pour son auteur qu’un livre révolutionnant le féminisme français, ou même le féminisme en général. Despentes y fait preuve d’un style littéraire remarquable mais, s’il fallait suivre les idées qu’elle y « développe » à la lettre, euh, comment dire… Vous d’abord et revenez nous dire comment Jojo le pourfendeur a libéré vos matières fécales de l’oppression et du capitalisme tout puissant et a, par la même occasion, augmenté considérablement votre pouvoir d’achat ainsi que vos ouvertures (d’esprit entre autre). J’attends votre témoignage avec impatience.

      • Nimesh dit :

        Artémise, personnellement ce que je vois chez Despentes c’est du pragmatisme.
        Ce qui me pose question c’est quand même comment Despentes arrive à son point de vue sur la prostitution, qui n’est pas vraiment la défense de la prostitution, mais qui est très certainement très anti-putophobe ça c’est sûr.
        Pour ce qui est d’une règlementation, je pense que c’est indispensable pour un métier qui existera toujours. Ne me parlez pas de l’esclavage en comparaison. Ca évitera d’atteindre le point Godwin trop vite. Merci.

      • Nimesh dit :

        également ce qui me pose question, c’est qu’il puisse y avoir un syndicat comme STRASS. Tout ce qu’ont trouvé de bien à faire leurs détracteurs c’est de les traiter ou de lobby, ou de proxénète, ou le mélange des deux.

  10. Artémise dit :

    J’aimerais beaucoup que quelqu’un me donne, un jour, une définition précise de ce terme brandit à tout va: putophobie.
    J’aimerais notamment qu’on m’explique en quoi le STRASS est représentatif des personnes qui se prostituent et aussi pourquoi il compte aussi peu d’adhérents alors qu’effectivement, la situation des « travailleurs du sexe » en France est catastrophique à bien des niveaux. Toutes ces putes libres et heureuses dont on nous rebat les oreilles ne voient pas l’utilité de se joindre à un syndicat pour revendiquer leurs droits ? Pourquoi ?
    « Tout ce qu’ont trouvé de bien à faire leurs détracteurs c’est de les traiter ou de lobby, ou de proxénète, ou le mélange des deux. »
    Hum, c’est à dire que… Quant on se souvient de l’histoire d’Ulla et de ce mouvement de « prostituées libres » revendiquant leurs droits, pour ensuite interpeller les journalistes et l’opinion publique en ces termes: « comment avez-vous pu croire que je n’étais pas maquée ? », avouez qu’il n’est pas tout à fait aberrant de se montrer un tantinet méfiant à chaque fois que quelqu’un va clamer haut et fort « prostitution libre » pour réclamer l’abrogation des lois concernant le proxénétisme.
    Enfin, si ça vous arrange de croire qu’on se contente de diffamer le STRASS sans prendre la peine de se renseigner et de réfléchir à ce qu’est la prostitution ainsi que ses enjeux tant mieux pour vous, vous vous épargnez ainsi bien des efforts de réflexions et de remise en question.

  11. Artémise dit :

    Despentes parle de « se dédommager, billet après billet » des viols qu’elle a subis. Voilà comment on peut en arriver à avoir un point de vue « positif » sur la prostitution, en l’envisageant comme un moyen de se réparer d’agressions sexuelles en se servant de son corps pour faire « payer » des hommes, en croyant se réapproprier sa sexualité en l’utilisant comme un bien marchandisable. « si je peux vendre « ça », c’est donc que « ça » m’appartient ».
    Cette manière d’envisager la résilience ne vous interpelle pas plus que ça ? Moi si, surtout que j’ai eu le « bonheur » d’en passer par là et, heureusement, d’en être revenue.

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