Courrier des Lecteurs

(22/12/2012 by Spermufle)

Suite à mes dernières Mufleries traitant du féminisme, j’ai reçu un message virulent expédié par une certaine Nathalie Bichon, de Bar le Duc (55), qui m’accuse de défendre un féminisme « oppresseur, misogyne, putophobe et psychophobe ». Cette lectrice a par ailleurs suggéré que je n’aurais pas « les couilles » de lui donner la parole. Je lui ai répondu « chiche », non pour la rassurer sur ma vaillance testiculaire via une cam hot, mais parce que j’estime que tout point de vue, même iconoclaste, mérite le débat.

Monsieur Spermufle,

ladygagaC’est avec le plus grand agacement que j’ai lu votre prose putophobe, que vous avez abondamment éjaculée ces dernières semaines. Vous êtes un imposteur, je n’ai pas peur de le dire ! De quel droit osez-vous remettre en doute la parole des femmes – les prostituées en l’occurrence – et leur dire comment elles doivent penser, ressentir les choses et se comporter ? Votre féminisme misogyne n’est en vérité que du machisme déguisé.

Tout comme la fameuse lessive Omo qui lave plus blanc que blanc, votre pseudo-féminisme est plus féministe que féministe. Laissez moi vous expliquer pourquoi : avez-vous remarqué que certains mouvements, initiés par des femmes, luttaient contre les droits des femmes en essayant de les empêcher de disposer de leur corps à leur guise ? Et tout ça au nom d’une morale puritaine, un cadre conceptuel élaboré par des hommes des siècles plus tôt. Tout ceci étant bien sûr une atteinte à leurs libertés les plus fondamentales puisque dans bien des cas tout cela elles l’acceptent de leur plein gré.

Pour preuve ces femmes voilées, ou qui portent une burqa, qui ont librement choisi de défier le conformisme et exprimer leur identité dans le respect de traditions multi-séculaires. Suggérer qu’elles seraient aliénées à un schéma patriarcal, c’est les mépriser, les stigmatiser, et imposer notre propre vision de la pudeur. C’est également exprimer un racisme larvé en postulant la supériorité de nos valeurs. Tant qu’il n’y a pas de contrainte physique, ce choix doit être respecté.

Pour preuve ces travailleuses du sexe, qui n’ont de cesse d’expliquer à leur persécuteurs abolitionnistes qu’elle ont choisi de faire commerce de son corps afin de payer leur loyer. De quel droit se permet-on de leur dire comment elles doivent vivre et ressentir les choses ? Comme le dit mon amie Hélène, nier que pour certaines femmes se prostituer est une vocation, c’est du puritanisme. Alors oui beaucoup d’entre elles ont quelques problèmes psy, mais comme tout le monde, et franchement il y aurait de quoi se poser des questions sur les abolos à ce sujet. Beaucoup ont été violées ? Comme un grand nombre de femmes l’ont été, et on ne critique jamais leur choix de vie lorsqu’elles deviennent boulangères ou infirmières. Remettre en question la validité du consentement des prostituées, c’est les infantiliser et faire de la psychophobie. Ou plutôt, faire de la psychologie de comptoir, car comme le rappelle Marcel Rufo, éminent psychiatre, l’immense majorité des enfants abusés sexuellement vont bien.

Pour preuve ces témoignages de femmes « battues » – et ils sont nombreux – qui reconnaissent être en partie responsables de leurs querelles domestiques. Il n’est pas rare d’entendre des femmes dire qu’elles aiment les hommes qui ont du répondant, pas franchement tendres ou gentils ; préférence qui les amène à tester les limites de leur conjoint. La provocation, la violence mutuelle, sont d’ailleurs deux des caractéristiques des relations passionnées, et tant que ça se pratique entre deux adultes consentants, je ne vois pas où se situe le problème. Tant que cette situation est choisie, elle est compatible avec le féminisme authentique, pas le vôtre qui est dévoyé.

Il est bien connu que, quand on est pour la liberté de tous et de toutes, on ne doit pas chercher à faire le « bonheur » des gens malgré eux. Qui est légitime pour imposer sa morale à autrui ? Je veux bien sûr parler de ces lois qui prétendent contrôler ce qui peut se passer entre deux adultes consentants. Textes liberticides, aux conséquences intolérables. On en arrive à des familles pulvérisées, des femmes qui, sous prétexte d’échapper à la violence du conjoint et père se retrouvent à vivre chichement, seules et privées du père de leurs enfants. Résultat : ces femmes sont plongés dans une précarité qui les fragilise. Vous croyez faire avancer la cause des femmes en les exposant à la misère, Monsieur Spermufle ?

De même, on ne peut que constater avec effarement le nombre grandissant de travailleuses du sexe migrantes qui ne peuvent même pas en toute sérénité permettre à leurs clients d’avoir un petit moment de bonheur. Croyez moi, ces femmes là vivent cette oppression dans un profond désarroi, celui de ne pouvoir pratiquer un travail stable et épanouissant, basé sur le long terme, qui ne peut être bien fait à cause d’une poignée d’agents judéo-chrétiens bien-pensants. Résultat: des milliers de femmes issues des pays en voie de développement ne peuvent espérer sortir de leur misère sociale et culturelle. Croyez-moi que ces femmes, plutôt que de trimer pour une misère et subir le mépris des patrons, préféreraient de loin se prostituer dans une maison gérée par les prostituées elles-même, où elles apprendraient, auprès de leurs collègues francophones, la langue, la culture et les lois du pays, ainsi que la manière de placer leur argent bien mérité. Refuser de considérer la prostitution comme une activité légitime, saine, essentielle au bon fonctionnement d’une Société, a pour effet de réduire les droits des prostituées. En voulant pénaliser les clients, vous êtes un putophobe, Monsieur Spermufle ! De la même manière que vous êtes un droguéphobe lorsque vous prônez des sanctions pénales contre les dealers de crack.

dskPour ce qui est de la loi sur le harcèlement au travail c’est du même tonneau. Et si ça me plaît à moi que mes collègues masculins me fassent des compliments sur mon physique, ou aillent jusqu’à tenter un rapprochement ? Pour moi, c’est aussi ça être une femme, le plaisir de plaire aux hommes et d’avoir des rapports sains, équilibrés et complices avec eux, même au bureau. A cause de vous, non seulement des milliers de femmes vont se mettre à douter de leur pouvoir de séduction mais en plus elles risquent d’obtenir beaucoup moins de promotions, ce qui ne va pas améliorer leurs conditions économiques et sociales du tout et serait donc faire un grand pas en arrière en matière d’égalité des sexes. Car, faut il vous le rappeler ? Une des plus grandes inégalité entre les hommes et les femmes se retrouve au niveau des salaires et des postes de pouvoir. Va-t-on arranger tout cela en brimant la liberté des femmes ? Non, je vous le dis tout net. Ce féminisme-là vous empêche au contraire de faire valoir vos droits, ceux d’obtenir du travail, des promotions ou des augmentations de salaire en vous servant de tous les atouts à votre disposition.

Alors, à vos lectrices, j’ai envie de dire : Femmes, levez vous ! Femmes, révoltez vous ! Voici enfin venu celui que vous attendiez toutes, celui que vous n’osiez plus espérer tant il se faisait attendre, j’ai nommé : le VRAI féminisme !!!! En effet, jusqu’à présent ce que l’on vous avait vendu comme tel n’était que de la vulgaire camelote, du féminisme en toc, du féminisme emprisonné par des soi-disant féministes : il fallait donc le libérer et l’ère de cette libération est enfin venue ! Libérez vos organes, et n’ayez pas peur de dire que vos contradicteurs sont forcément des salauds !

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17 commentaires pour Courrier des Lecteurs

  1. antisexisme dit :

    Oh la la…

    Cette dame a vraiment, pour le coup, une vision du monde totalement différente de la mienne (ce qui rend d’ailleurs tout débat impossible).

    Je trouve que c’est vraiment une vision libertarienne sur le mode « c’est mon choix ». Du moment que la souffrance, la subordination, la destruction est choisie et voulue, c’est tout bon !

    Choquée par la référence à Marcel Rufo, mais aussi à la violence conjugale et au harcèlement sexuel…

  2. Jean Gilet dit :

    Monsieur Spermufle, c’est quand même très méchant de votre part de laisser un droit de réponse à quelqu’un d’aussi stupide.
    Ce vomi libéral me fait pratiquement tourner de l’œil. On dirait du Morgane Merteuil en encore plus médiocre (pour vous dire à quel point c’est mauvais…).

    « Libérez le féminisme, ouvrez vos porte-monnaie! » (C’était le titre d’origine, malheureusement pas assez humaniste.)

  3. l'elfe dit :

    elle est pas allé jusqu’à dire « et si ça me plait à moi de me faire violer ? » mais on sent qu’elle en est pas loin.

    • Chers Elfe et Jean Michel,

      J’avoue partager vos avis.
      Annoncer que la prostitution comme une activité saine, indispensable au bon fonctionnement de la société, il fallait oser !
      Idem sur les personnes victimes de violence conjugale (certaines en meurent mais bon ce ne sont que des statistiques. A-t-on le droit d’assassiner son épouse à coups de poing si elle est d’accord ?).
      Trêve de plaisanterie : J’ai rarement lu un tel ramassis d’âneries judéo-crétines en aussi peu de mots ! Un homme qui vous fait du charme dans la rue ou sur votre lieu de travail, parfait… s’il vous laisse le droit de lui répondre non sans vous insulter ou vous pourrir la vie après !
      Chère Mme Bichon, si prostituée est donc une activité comme les autres. Vous ne verrez donc aucun inconvénient à l’exercer vous-même ou à ce que votre fils le choisisse
      comme une vocation. Parce que si la prostitution est réservée aux femmes pauvres comme seul moyen de sortir de la misère, je trouve ça maigre comme perspective.
      Autant il faut lutter pour avoir l’égalité des droits notamment professionnels et salariaux, autant vos propos ont un fort relent de racisme et de colonialisme.
      De plus si votre mari va « aux putes », qu’en est-il pour vous ? Les gigolos sont une activité différente (il faut entretenir l’homme). C’est étonnant de voir que les prostitués sont très souvent des femmes, les prostitués hommes ont eux aussi majoritairement une « clientèle masculine ».
      Je vous invite également à côtoyer des associations féministes ayant pignon sur rue (aller à leurs réunions vous apprendrait bien des choses). Vous entendrez un discours différent de militants qui osent et qui le font publiquement. Idem pour les associations de lutte contre les violences conjugales.
      Enfin le militantisme féministe comporte aussi des hommes !

  4. Abd Salam dit :

    Tant qu’à faire, quitte à parler de « puritanisme », ce serait bien de connaître le sens de ce mot.
    Le « puritanisme », c’est l’idée que le sexe quel que soit le contexte (dans le cadre du mariage ou hors mariage) avilit l’âme ou le personnalité ET salit le corps. Les puritains veulent interdire le sexe, ou le limiter/canaliser le plus possible comme leur nom l’indique afin de purifier le corps et l’esprit. L’une des choses qui dégoûtent les puritains, c’est que le sexe a plus à voir avec l’animalité de l’être humain, qu’avec une conception « noble » de l’humanité.

    Vouloir interdire la prostitution pour d’autre(s) motif(s) que les délires des puritains, pour qui le sexe est une mauvaise chose par définition, ce n’est pas du puritanisme.

    L’accusation de puritanisme sert-elle de nouvelle mise à l’index ? sert-elle à diaboliser l’opinion que l’on veut délégitimer pour mieux la faire taire ?

    Je ne sais ce qui est le pire dans « l’article », la confusion entre harcèlement et séduction ou prétendre que la prostitution n’est pas au mieux un marché de dupe ?

  5. Emy dit :

    « On en arrive à des familles pulvérisées, des femmes qui, sous prétexte d’échapper à la violence du conjoint et père se retrouvent à vivre chichement, seules et privées du père de leurs enfants. Résultat : ces femmes sont plongés dans une précarité qui les fragilise. Vous croyez faire avancer la cause des femmes en les exposant à la misère, Monsieur Spermufle ? »

    Bah oui quoi ! C’est tellement mieux une femme qui se fait cogner par son mari pour préserver la très bourgeoise et judéo-chrétienne petite famille que de permettre aux femmes de se libérer d’une des formes d’oppression patriarcale qu’est la violence conjugale.

    Quel féminisme progressiste !…

    • l'elfe dit :

      Oui, pis comme on me l’a rappelé sur mon blog, les machos, ils bastonnaient leurs femmes à l’occasion ok, mais ils protégeaient leur famille et ils avaient le sens de la loyauté et des couilles bien pendues. C’était le bon temps.

  6. Ping : Toutes mes excuses | Un peu de Mollesse… Et beaucoup de Muflerie

  7. Dehertog Jenny dit :

    discours honteux et …tellement ….patriarcale!!!! MDR la référence à Rufo ……si Marcel Rufo le dit….c’est que ça doit être vrai ……pffffffffffffffffffffffffffffff…… aaaah c’est sûr que les enfants abusés doivent se sentir mal comprises!!!

  8. Ping : Stérilisez le Féminisme ! | Un peu de Mollesse… Et beaucoup de Muflerie

  9. Nimesh dit :

    Ahhh cette madame Nathalie Bichon.
    Si elle ne critiquait pas tant les féministes abolitionistes, ont pourrait presque croire qu’elle appartient à ce groupe de féministe puritaines et putophobes tellement de fois elle atteint le point Godwin, par exemple en comparant les non-putophobes aux défenseurs de vendeur de crack.
    Pourtant atteindre le point Godwin en moins de 2 secondes c’est une spécialité des féministes radicales, pas des non-putophobes.
    Je suis confus…

  10. Artémise dit :

    « Je suis confus… »
    On avait remarqué !

  11. Nimesh dit :

    le point Godwin, c’est bien ce qui caractérise les féministes purit… euh radicales.

  12. Artémise dit :

    Mais enfin, qu’est-ce pour vous un « point Godwin » ? Un truc abstrait dont vous accusez quiconque émet une opinion contraire à la vôtre ? Un truc que vous avez pêché sur un skyblog et que vous trouvez tellement cool que vous le casez partout ? J’aimerais bien qu’on m’explique là, sinon je vais finir par croire que je viens de passer ces deux derniers jours à répondre à un pipotron programmé sur le thème pro-prostitution.

  13. Nimesh dit :

    le point Godwin, c’est à la base quand dans une discussion quelqu’un finit par comparer l’autre à un nazi.
    Je trouve que les féministes radicales atteignent souvent ce point là. Certes elles ne comparent pas celles avec qui elles discutent avec des nazis. Mais le nazi peut être remplacé par le sociopathe, le pervers sexuel, le violeur, le proxénète.
    Quand on colle de telles étiquettes sur les gens avec qui on discute c’est qu’on cherche à faire autre chose que discuter. On cherche juste à avoir raison.

  14. Artémise dit :

    « le point Godwin, c’est à la base quand dans une discussion quelqu’un finit par comparer l’autre à un nazi. »
    Merci pour cette précieuse information qu’à l’instar d’à peu près tout le monde je n’ignorais pas.

    « Certes elles ne comparent pas celles avec qui elles discutent avec des nazis ».
    Exact, « elles » ne font même à ma connaissance aucune allusion se référant ne serait-ce qu’un minima au nazisme. Ce qui fait qu’en distribuant ce fameux point à tort et à travers vous tombez vous-même dans les comparaisons douteuses. Vous illustrez parfaitement l’utilité qu’il pourrait y avoir à inventer un « point Godwin » pour l’usage abusif du « point Godwin ».

    « Mais le nazi peut être remplacé par le sociopathe, le pervers sexuel, le violeur, le proxénète. »
    Oula, on a pris un sacrés raccourci là ! Quelles féministes radicales (puritaines, putophobes…) ont accusés qui de sociopathie, viol, perversions sexuelles, proxénétisme avérés ? Spermufle ? La mère Michelle ? Je ne dis pas que personne au monde n’a jamais dit cela de personne mais va falloir préciser ici de quoi de qui. De plus il me semble que ce n’est pas parce que la diffamation existe que toute accusation/soupçon en seront. Un individu persuadé que le désir de son/sa partenaire n’a aucune importance n’est pas forcément un violeur mais en tout cas il raisonne comme tel et l’on peut craindre à juste titre qu’il en soit/devienne un. Ce n’est pas pour autant qu’il devra être jugé et traité, par la justice par exemple, comme un violeur mais ce n’est pas non plus complètement infondé et aberrant de (le) mettre en garde contre les risques réels qu’impliquent ce type de fonctionnement.

    « Quand on colle de telles étiquettes sur les gens avec qui on discute c’est qu’on cherche à faire autre chose que discuter. On cherche juste à avoir raison. » Dit celui qui distribue des points Godwin à la pelle, qui brandit les accusations de racisme et de « putophobie » en lieu et place de toute argumentation relative à la choucroute et ce, bien évidemment sinon ce serait moins drôle, sans étayer à aucun moment ce qu’il affirme. Si vous trouvez qu’il y a des relents de racisme et/ou de putophobie dans un discours il ne suffit pas de l’affirmer de manière péremptoire, il faut aussi le montrer et le démontrer.

    Que les choses soient claires : je veux bien discuter avec vous de la réglementation et de l’abolition de la prostitution, avantages et inconvénients compris, ou encore du fait que les violences n’émanent pas uniquement des clients, des proxénètes mais aussi de la pression financière et de lois relatives au racolage, etc. Il ne s’agit pas pour moi d’une guerre opposant des petits clans, des « bons » contre des « méchants » mais d’un débat sur un sujet qui concerne tout le monde (à des degrés différents bien sûr) et dont les causes et les conséquences sont autant sociétales que personnelles. En revanche si vous vous obstinez à assimiler systématiquement et sans fondement mon discours et celui de Spermufle à ceux, réels ou fantasmés, des « détracteurs », des « féministes puritaines, radicales, putophobes » (mais de qui parlez vous au juste ? Quelles personnes, quelles associations visez-vous exactement avec ces accusations ? Et êtes vous seulement en mesure d’expliquer concrètement pourquoi ?) vous comprenez bien qu’il ne pourra en découler qu’une somme de quiproquos stériles. Essayez de garder à l’esprit qu’en nous exprimant en nos noms sur ce blog nous ne représentons que nous même, avant tout, bien qu’effectivement nos opinions puissent être partagées et inversement. Il est à la fois réducteur et stupide de s’adresser à nous comme si nous étions responsables de tout ce qui peut être dit en rapport avec l’abolitionnisme. Si vous avez des comptes à régler avec des personnes en particulier contactez les ou alors publiez vos propres textes en précisant si possible qui et quoi vous visez et pourquoi, parce que sinon vous vous condamnez à nager en plein délire idéologique et à osciller éternellement entre paranoïa et approximations.

    Enfin, je comprend que mon texte (celui de Nathalie Bichon) vous ait déplu et je dirais même que c’est éventuellement bon signe. Il s’agissait pour moi d’aller au bout de la logique qui stipule que les « choix » et les opinions d’une femme relèvent forcément du féminisme, et ce peu importe les choix et opinions en question, leurs origines et leurs conséquences, peu importe le degrés de conditionnement que cette femme a subi de la part de son environnement familiale ou sociétal . En gros, l’absurdité de ceci peut être résumé ainsi : à partir du moment où une seule femme estimera que le système patriarcal est en réalité parfaitement égalitaire (ce qui, malheureusement, arrive et plus souvent qu’on ne l’imagine), alors selon la logique dont je parle plus haut il faudra décréter que oui, c’est le cas, et que tous ceux qui auront l’outrecuidance de continuer à dénoncer/s’opposer au patriarcat seront en fait des anti-féministes en puissance. Certes la parole de Mm Bichon est caricaturale (quoique pas tant que ça), j’ai choisi sciemment l’ironie et l’outrance pour dénoncer justement les outrances de certains discours et je me suis employée à développer concrètement leur logique dans le but d’en montrer les dangers. Ce texte doit avant tout être pris pour ce qu’il est, un exercice de style visant à faire réagir et réfléchir les lecteurs et non un pamphlet premier degrés et insultant. Je reconnais que contre toute attente il n’a pas tout à fait atteint son but initial mais finalement ce n’est pas non plus un échec ; le fait que le ton et le message aient pu paraître quasi-unanimement crédibles montre bien à quel point il y a urgence à faire entendre un autre son de cloche que celui qui, en ce moment et en France, donne le la à l’opinion publique au point que n’importe quelle vessie peut s’auto-proclamer lanterne sans que ça ne passe d’évidence pour un gag ou un cas particulier et isolé.

  15. Nimesh dit :

    Bonjour Artémise.

    Je me doutais que vous connaissiez ce qu’est le point Godwin. Mais peut-être certains lecteurs ne savent-ils pas ce que c’est ? il n’était peut-être pas inutile de le rappeler en moins de 3 lignes.
    Je considère que plaquer sur ses adversaires une image stigmatisante, c’est être proche du point Godwin, c’est éviter le dialogue. La parole de Mme Bichon est caricaturale, certes, mais elle est également stigmatisante.

    Lorsqu’elle dit :
    « En voulant pénaliser les clients, vous êtes un putophobe, Monsieur Spermufle ! De la même manière que vous êtes un droguéphobe lorsque vous prônez des sanctions pénales contre les dealers de crack. »
    alors désolé mais je ne suis pas du tout d’accord. Le client de prostituée est assimilé à un dealer de crack. Et tout ceux qu’on arrivera à assimiler à ses défenseurs seront « les amis de l’équivalent d’un dealeur de crack » ? je ne suis pas d’accord. Ici vous collez sur toutes ces petites personnes l’image stigmatisante du dealer de crack et c’est en ce sens que le point Godwin est atteint. Parce que de la même manière que dans un débat, je n’accèpte pas d’être comparé à un nazi, je n’accète pas d’être comparé à l’ami d’un dealer de crack.

    Si vous dites que le bout de ma logique « pro-prostitution » c’est équivalent à être l’ami d’un dealer de crack alors il est évident que le débat ne peut être accepté, et tout le monde devrait vous le faire remarquer. Si tout le monde ne le fait pas, moi je le fais.

    Et vous allez peut-être me dire que cette madame Bichon est caricaturale et se veut sur le ton de l’humour, mais on sent la mauvaise intention derrière. C’est une grande différence avec un Nicolas Bedos qui traite une Mathilde Warnier de pute et de connasse.

     » le fait que le ton et le message aient pu paraître quasi-unanimement crédibles »

    avec la photo, vous pensez que c’est crédible ? Mon « je suis confus » était ironique.

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