Date in Asia

(30/08/2012 by Mol)

23437(Addendum de Spermufle : presque deux ans après rédaction, la relecture de cet article m’inspire à la fois répulsion et résignation. Répulsion, car je suis encore plus perplexe face aux propos de mon camarade. Si je lui accorde toute ma confiance, et ne le soupçonne pas un seul instant de se livrer à la pédophilie ou à l’extorsion de consentements sexuels, sa fixette sur les corps féminins minces et juvéniles m’interpelle. Pour son sexisme copulatoire assumé et objectivement vulgaire – le respect des codes genrés est vulgaire, au sens étymologique du terme – mais aussi pour l’emploi du terme « qualité » pour désigner ses objets de désir. Hiérarchiser selon le degré de baisabilité, voilà qui est remarquablement nauséabond.

Le mot « objet » n’est pas choisi au hasard. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, la réification du prochain. Pur produit d’une civilisation où tout se marchande, sa sexualité est clairement régie par des principes transactionnels. Je pense qu’il est inutile de revenir sur les implications politiques et socio-culturelles d’un tel comportement. Cependant, j’aurais tendance à moins le blâmer que d’autres. Lui n’a aucune prétention subversive, il s’agit d’un individu banal, un pragmatique qui s’adapte au mieux à son environnement. Je suis à l’inverse beaucoup plus sévère à l’égard des révolutionnaires anti-capitalistes de mes deux qui estiment que la sexualité transactionnelle est un horizon indépassable. Contradiction terrible : la marchandisation des corps, la réduction de son prochain à l’état d’instrument – ici sexuel – est l’un des moteurs du capitalisme. Peu contestent que changer notre manière de manger aurait un impact civilisationnel profond. S’agissant de sexualité, les mêmes sont soudain plus timorés. En réalité, très peu d’individus sont prêts à une introspection sexuelle. De puissantes digues mentales sont érigées, occasionnant une agressivité extrême envers quiconque remet en question le sacro-saint « droit au plaisir » de nos contemporains. Même lorsqu’il s’agit d’érotisation du sordide, de la violence, et de rapports de domination. Dès lors, pourquoi blâmer Octave Mol avec une sévérité particulière ?)

30265(Réponse de Mol : Bien. Je constate que tu résumes sans vergogne, de manière très schématique et partiellement erronée ma vie affectivo-sexuelle, et surtout que tu fais profiter publiquement à tous de tes approximations (j’apprends par exemple ce soir que je fais une fixette sur les corps juvéniles, autrement dit que je suis un crypto-pédophile –ce qui est, conviens-en, assez vexant. J’aurai pour ma part la discrétion de ne pas commenter ta fixette, pour le coup bien réelle, sur les corps gras et mamelus). Mais je pense qu’établir une carte morphologique de mes partenaires et décrire par le menu mes goûts personnels, en plus de te donner tort, n’intéresserait pas grand monde. Parlons plutôt du fond, non pas de mon slip, mais du problème.

Ce que sous-tend ta critique, qui relève d’un courant qui parcourt le microcosme féministe et que tu reprends à ton compte, c’est qu’il faudrait appliquer à ses choix de partenaires sexuels des critères purement moraux. Je suppose qu’on décrèterait un certain nombre de qualités comme étant positives, et d’autres négatives. Par exemple, accorder une importance au physique du futur partenaire serait « nauséabond », tandis que considérer ses qualités de cœur, sa gentillesse, bref sa « beauté intérieure » serait moralement louable. Echappe-t-on au schéma transactionnel que tu pourfends ? Absolument pas. On substitue des qualités morales à des qualités physiques ou matérielles, la transaction a lieu à un autre niveau, et on n’échappe pas à la réification mentale : le ou la partenaire est partiellement réduit(e) à une suite de concepts, de « qualités » -à propos desquelles on a par ailleurs toutes les chances de se fourvoyer (comme disait feue mon arrière-grand-mère, « gentil n’a qu’un œil »). On part donc dans un double hors-sujet : reléguer l’attirance physique à un concept « nauséabond » (alors qu’il s’agit à la base de baiser : c’est en général ce qu’on fait avec un partenaire sexuel) ; et lui substituer un impératif moral dont les fondations relèvent de constructions psychiques par définition instables. Introduire de la moralité dans la sexualité, je ne suis pas contre, mais le déni hystérique du caractère central de l’attirance physique dans la transaction sexuelle (à laquelle personne n’échappe) me laisse songeur. Je ne fais pas non plus semblant d’ignorer qu’il existe une multitude de degrés, aux conséquences très différentes, dans l’échelle transactionnelle, mais le fait est qu’à part se soustraire à la sexualité ou atteindre un degré de sagesse extraordinaire, on ne pourra jamais prétendre à pouvoir coucher avec quelqu’un de manière « transparente », sans qu’aucun objet transactionnel ne traverse la relation, fut-ce de manière subtile. Autrement dit, il est aussi « déshumanisant » de discriminer par les « qualités humaines » que par le physique, et j’ajouterais même que c’est hypocrite. D’une part parce que ça ressemble à un déni de la dimension physique, animale, primitive de l’acte copulatoire, et d’autre part parce que, malgré les cris d’orfraies qu’elles peuvent pousser à l’occasion (et les échos que j’ai eus concernant mon article en attestent), la plus féministe des féministes discriminera sans vergogne lorsqu’il s’agira de recruter un partenaire sexuel, probablement sur le physique comme sur le reste, ni plus ni moins que moi. Certaines pseudo féministes telles que Maria Darx n’hésitent d’ailleurs pas à se donner en spectacle à l’occasion, et de ridiculiser la cause qu’elles défendent. J’en veux pour preuve cet atroce texte (NDSpermufle : mais pourquoiiiiiiiiii cette obsession pour ce texte bon sang, à quelle problématique fait-il écho chez toiiiiiii ?) pondu par l’impétrante, sexiste, misandre, et même misogyne, bref anti-féministe à souhait . Je m’étais d’ailleurs à l’époque fait le petit plaisir de parodier cette tartine de merde ici .

Je finirai sur le couplet de Spermufle concernant la civilisation marchande et la tentative d’historiciser le phénomène : on n’a pas affaire à un phénomène de mode, la réification mentale est un sport ancestral pratiqué par l’ensemble de l’humanité depuis la nuit des temps. Personne ou presque n’y a échappé, n’y échappe et n’y échappera. Donc brocarder la réification de son prochain, certes. L’ennui, c’est que personne ne semble savoir quoi y substituer, personne ne sait réellement pourquoi et en quoi c’est néfaste, personne ne comprend les véritables ressorts du problème. Il ne s’agit pas de prendre conscience du phénomène et de le corriger par la force de sa volonté, les choses sont malheureusement un peu plus complexes et subtiles que cela. Moralité, c’est bien joli de prôner à tout va la remise en question de soi et de ses schémas, mais si on ne possède pas les outils pour une réelle déconstruction de ces schémas ancestraux, on ne fait que babiller dans le vide (ou pour être plus précis, on ne fait qu’« ajuster » sa névrose, ce qui est peut-être, sans doute même, mieux que rien).

(Re-com de Spermufle : il va pourtant de soi qu’un monde où l’on récompense sexuellement des qualités telles que la bienveillance, plutôt que l’adéquation à tel idéal corporel mortifère – la minceur féminine par exemple, qui a des conséquences terribles – serait bien plus agréable à vivre. Toutes les réifications ne se valent pas, l’ami.)

**************************************

30265Ces temps-ci, Spermufle me tanne pour que je ponde un nouvel article sur les Philippines. Il paraît que ça draine du lecteur et que ça booste les statistiques de son blog. Il paraît aussi que mes voyages dans ce pays et mes rencontres avec ses autochtones agacent son entourage féminin. « Vois-tu mon cher Mol, lorsque j’entretiens mes amies de tes pérégrinations, l’on se figure que tu y fais du tourisme sexuel et l’on se fâche. »

Je me demande quel type d’informations ce cher Spermufle diffuse à mon endroit. Je ne vais jamais aux Philippines que pour m’immerger dans ses eaux cristallines (il s’agit d’une des meilleures destinations du monde pour pratiquer la plongée sous-marine, comme tout le monde le sait), les à-côtés éventuels qui surviennent…  surviennent. Je ne suis pas un parangon de la morale qui décrète que point tu n’auras de relation avec une femme de 10 ans ta cadette dans un pays où sévit une pauvreté sévère par endroits, modérée d’une manière générale, just for the sake of it. Est-il besoin de préciser que la pauvreté est rarement la raison qui pousse les Filipinas dans les bras d’Occidentaux de passage ? Les Filipinas les plus démunies font la manche, se prostituent ou ne font rien du tout. Les femmes que l’on voit au bras de quelque gras Occidental ont rarement été extirpées d’une pauvreté implacable par la grâce de leur porte-monnaie, ce sont en général soit des femmes vénales, soit attirées par les caractéristiques culturelles scintillant sur le front de leur compagnon, soit des femmes éprises (les trois causes pouvant s’agglomérer les unes aux autres). C’est en tout cas le constat empirique que je fais quand je déambule dans les quartiers réputés pour leur mixité ethnique et lorsque je discute avec autrui. L’argument de l’exploitation de la misère est donc limité à certains cas précis (le touriste qui par exemple, et j’en connais un spécimen, va patienter jusqu’à la fermeture des boîtes de nuit  vers 3 heures du mat et ramasser les putes saoules et bredouilles en leur proposant une assiette de riz chaud contre une prestation sexuelle). Mais la prostitution est un autre sujet, que Spermufle a longuement abordé par ailleurs (c’est sa spécialité), inutile de revenir sur l’exploitation de la misère, psychique elle, chez la pute française.

Deuxième volet de la critique : la soi-disant crypto-pédophilie. Je pense qu’il est inutile de préciser qu’une relation entre un homme et une femme possédant dix ans de différence d’âge est d’une banalité sans nom. La perfidie de l’attaque se loge ailleurs : les femmes asiatiques paraissant plus jeunes qu’elles ne sont, sortir avec une femme de 25 ans reviendrait plus ou moins consciemment à s’enticher d’une adolescente à peine pubère. C’est une manière habile de valoriser les caractères sexuels secondaires des femmes françaises –les vraies femmes- et de dénigrer implicitement celles qui possèdent poitrine réduite et hanches étroites. Outre l’aspect caricatural, narcissique et infantile de la critique, j’ajouterai ceci : et si c’était juste les femmes françaises qui paraissaient plus vieilles qu’elles ne sont ?

Dernier volet des critiques sous-jacentes qui semblent m’être adressées : mais pourquoi diable ne te contentes-tu pas de taquiner le thon local, you little filthy french bastard ? Il n’est évidemment écrit nulle part, en vertu d’un édit éthico-ethnique gravé dans le marbre, que l’on doive s’astreindre à la médiocrité lorsqu’on a accès à la qualité. Tout est question de jugement personnel bien sûr, JM Spermufle est bien placé pour savoir que mes critères ne sont pas les siens. J’estime posséder une souplesse moyenne à cet égard et je ne prétends pas à pouvoir investir une femme que je trouverai laide mais intelligente, ou belle mais stupide. Autant que je n’exige cela de personne, j’ai assez à faire avec ma névrose pour m’occuper de celle des autres. Si une femme s’entiche d’un clown narcissique et infantile, grand bien lui en fasse. Je me laisse toutefois la latitude personnelle, puisque j’en ai les moyens, d’étendre mon périmètre d’investigation affective au-delà des frontières de notre beau pays, si vous n’y voyez pas d’inconvénients messieurs dames. On est infantile ou on ne l’est pas.

 Commentaires de Spermufle :  A propos de ton premier chapitre, je me dois tout de même d’indiquer que je t’ai vu chatter sur un site de rencontres euro-asiatiques (où j’ai d’ailleurs confondu un bon tiers des inscrites avec des travestis – et réciproquement). On peut donc dire que tu mets tous les atouts de ton côté pour que les évenements « surviennent ».

A propos du deuxième, on peut effectivement se demander dans quelle mesure les filipinas ne sont pas perçues comme des concurrentes déloyales de la part des françaises. La hargne de celles qui t’ont  taxé de pédophile potentiel m’a rappelé celle dont font preuve certains mâles Blancs blondinets et/ou freluquets sur les sites orientés grassouillettes, où ils sont quasi-systématiquement devancés par des rivaux Noirs dans l’accès aux vagins les plus prometteurs.

Au sujet du troisième, je trouve que tu réponds habilement à celles qui te reprochent de ne pas subordonner tes choix sexuels à des critères moraux. Je ne connais pas grand monde qui soit capable ou même désireux de s’infliger cet effort. Effectivement, tu exploites les préjugés rattachés aux occidentaux (et notamment le différentiel de niveau de vie). Or, les filipinas ne sont pas d’une essence différente des françaises ; si tu accédais soudain à la richesse, tu pourrais choisir dans notre beau pays des partenaires plus attractives. Soit dit en passant, celles qui t’accusent d’avoir une vision déshumanisée de la séduction (tu cherches un objet sexuel précis que tu achèterais avec ton fric d’occidental) oublient que la séduction est quoiqu’on en dise (sauf pour les individus exceptionnellement sages) une transaction, où chacun recherche ni plus ni moins qu’un support sur lequel plaquer des attentes pré-déterminées. Dans l’immense majorité des cas, les hommes doivent fournir une monnaie, qu’elle soit matérielle, psychologique (indices de protection autre que le pognon), narcissique (en flattant plus ou moins hypocritement leur cible, ou encore en étant un dominant dont la conquête fait baver de jalousie les copines), ou bien un investissement affectif voire paternel, et en contrepartie les femmes fournissent leur beauté et leur potentiel érotique. Attentes féminines qui peuvent elles aussi relever d’une forme de détresse, certes différente de la pauvreté, mais bien réelle. Si les termes du contrat ne sont pas respectés, il n’y a plus désir ou amour, et le couple se disloque. Disons que ce côté « apothiciaire du sentiment » est davantage visible dans ton cas de figure que dans le cas d’un chat sur Meetoque ou Batroo ; les mécanismes n’en demeurent pas moins identiques. 

Tu exploites également une supériorité de type « morphologique » (la taille moyenne d’un homme philippin est de 1.63m, soit 15cm de moins que celle d’un occidental), que les françaises seraient bien inspirées de ne pas te reprocher, puisque la plupart font de la taille élevée un signe de virilité (ça n’est pas non plus très « moral » de dire « si le mec est plus petit que moi, bah y a pas moyen »).

En somme, face au constat des mécanismes sur lesquels reposent l’accouplement, tu t’adaptes et te donnes les moyens de trouver des partenaires qui te plaisent, plutôt que de te complaire dans une indignation morale stérile, et une frustration perpétuelle en courant après des femmes dont la plupart te trouveront trop chômeur, trop fluet, trop petit, ou trop réticent à former un couple fécond (clébard et Scenic en prime), et qui de toute manière ne te plaisent pas des masses.

Cet article, publié dans Frottement de gonades, est tagué , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s