Pas de bol

(27/08/2012 by Spermufle)

Dans l’article « Big Dick« , j’avais relaté deux décès particulièrement insolites, celui de Garry Hoy, un canadien qui a chuté du 26e étage d’un building après s’être rué sur les vitres (il voulait prouver leur solidité), et celui de Kenneth Pinyan, dont l’intestin avait été perforé par un pénis de cheval. Des commentateurs bienveillants ont porté à mon attention d’autres morts cocasses, matériel remarquable pour un article de rentrée. Sans transition, et par ordre chronologique :

Milon de Crotone : sorte de Teddy Riner version Grèce Antique (on raconte que ce lutteur multi-médaillé aux Olympiades était capable d’assommer d’un coup de poing un taureau, puis de le dévorer dans la foulée), il voulut abattre à mains nues un vieux chëne. Ses mains furent coincées dans l’écorce. Incapable de s’en extraire, il fut mangé par un loup qui trainait dans le coin.

Eschyle : ce tragédien grec mourut le crâne défoncé par un coup de tortue. Plus précisément, il fut survolé par un aigle qui lâcha sur lui le reptile qu’il tenait à bout de serres. La légende dit que le volatile aurait confondu son crâne chauve avec une pierre plate. La légende ne précise pas pourquoi les oiseaux grecs se faisaient chier à jeter leurs proies sur des cailloux.

Galba : empereur romain du début de l’ère chrétienne, il fut l’un des plus impopulaires. Il se mit à dos la garde prétorienne (corps d’élite des légionnaires) en refusant de payer le salaire promis. Il fut décapité par un groupe de soldats vindicatifs. Cent vingt personnes prétendirent l’avoir tué. Elles furent exécutées par son successeur, Vitellius, lui-même lapidé par une foule de romains. Ces derniers avaient des moeurs belliqueuses ; dire qu’on nous bassine avec l’insécurité dans les banlieues…

Jean-Baptiste Lully : compositeur de la période baroque, musicien favori de Louis XIV (jusqu’à ce que ce dernier ait vent de son homosexualité – les « moeurs italiennes », comme l’on disait autrefois), il mourut à 54 ans. A l’occasion d’une répétition du Te Deum, qui devait être donné pour célébrer la guérison du Roi (qui était légèrement soufrant), il extériorisa son tempérament fougueux en martelant frénétiquement le sol avec sa baguette de chef d’orchestre. Il se blessa à un orteil, puis s’infecta, et mourut de la gangrène quelques jours plus tard. Il se réincarna un peu plus de trois cent ans plus tard pour devenir une figure du mouvement Disco.

Allan Pinkerton : détective écossais, mondialement renommé pour avoir déjoué un complot visant le président américain Abraham Lincoln. En 1884, il glisse sur un trottoir et se mord la langue. La blessure s’infecta et provoqua une septicémie fatale. A ce stade de la rédaction, je me dis qu’Alexander Fleming (découvreur de la pénicilline), m’a privé d’une grande partie du matériel que j’utilise pour composer cet article.

Franz Reichelt : ce franco-autrichien (alias « le Tailleur Volant »), pionnier du parachutisme, voulait prouver à la face du monde la qualité de son invention. En 1912, il se hissa au premier étage de la Tour Eiffel, et réalisa que son manteau-parachute était encore perfectible. Ne souhaitant pas perdre la face devant les journalistes et les badauds, il accomplit une tentative qu’il n’eut jamais l’occasion de renouveler. Son invention, c’était bel et bien de la merde, comme le pressentaient les sceptiques.

Frank Hayes : le premier (et unique à ce jour) jockey vainqueur d’une course à titre posthume. Il fit un infarctus du myocarde en chevauchant Sweet Kiss, ce qui n’empêcha pas ce dernier de franchir en tête la ligne d’arrivée. Brave bête pour qui l’esprit de compétition primait sur toute autre considération.

Isadora Duncan : cette danseuse américaine était particulièrement coquette. En toutes circonstances, elle portait son écharpe, y compris en cette douce après-midi niçoise de Septembre 1927. Option vestimentaire imprudente s’il en est, puisque son écharpe se prit dans les roues du véhicule dont elle était passagère, lui brisant les cervicales sur le coup. 

Budd Dwyer : ce politicien américain, condamné pour corruption, organisa une conférence de presse télévisée en 1987. Il se défendit maladroitement, avant de saisir une enveloppe et d’en extirper un revolver. Il se suicida d’une balle dans la bouche. La vidéo est disponible sur youtube – estomacs délicats s’abstenir (le sang coule à torrents à travers les narines).

Ole Bentzen : cet ortophoniste danois était mort de rire devant le film « Un poisson nommé Wanda ». Au sens propre du terme. Personne ne peut survivre quand le coeur s’emballe à plus de 300 pulsations/minute.

Timothy Treadwell : cet écologiste américain (et ancien toxicomane), auteur de plusieurs documentaires animaliers exaltés, croyait possible de transgresser la frontière entre l’homme et l’animal. Il aimait évoluer parmi les ours, leur parler, leur affirmer qu’il les protégerait, et qu’il serait à jamais leur ami. En 2003, plusieurs grizzlies de l’Alaska l’ont trouvé savoureux.

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