Périple Mou

(mars 2012 by Mol)

Mon dernier article ayant suscité les plus vives réactions, j’ai décidé de retourner par acquit de conscience aux Philippines afin de constater si oui ou non j’avais surestimé ou travesti le phénomène de la mixité ethnique et générationnelle dans ce pays.

10/03/2012 : Me voici donc à l’instant précis où je tape ces lignes sur l’île paradisiaque de Siquijor, vautré sur une chaise longue un jus de mangue à la main, une mer turquoise à mes pieds, et un écran de larges feuilles de cocotiers bruissant doucement au-dessus de ma tête. A ma gauche, une paire de naïades suédoises en bikini se dorent la pilule en dardant leur postérieur vers les cieux, à ma droite le gros Raoul prépare mon équipement de plongée. Je crois que toutes les conditions pour une recherche sociologique sérieuse sont réunies.

12/03/2012 : L’aéroport de Manille a constitué mon premier terrain d’investigation. Parmi les coursives des terminaux internationaux, j’ai identifié de nombreux Occidentaux, mais jamais flanqués d’autre chose que d’un sac à dos grotesque ou d’une chemise à fleur assortie à un combo bermudas-sandales-chaussettes remontées jusqu’à la rotule. Nous tenons toutefois notre premier enseignement : nos sujets d’étude ont un goût de CR (= comfort room = chiottes en « filipino »). En outre, ils entrent sur le territoire seuls, notons-le, et en repartent probablement de la même manière, mais délestés d’une brassée de dollars et de quelques centilitres de semence pour les plus fornicateurs d’entre eux.

Mais revenons à moi. J’ai quitté mon île ce matin, et après avoir adressé mes adieux humides au staff du resort dans lequel j’ai mes petites habitudes, j’ai embarqué à bord d’un bateau en forme de spermatozoïde sans flagelle, qui m’a propulsé jusqu’à la ville de Dumaguete en 55 minutes. J’ai bon espoir que mes recherches avancent significativement ici : Dumaguete constitue une vraie plaque tournante du tourisme sexué (et non pas sexuel : très peu de burikat (= prostituées) officient dans cette ville portuaire, étudiante et somme toute très tranquille).

13/03/2012 : J’ai pourtant croisé quelques spécimens de burikat ces derniers jours. Les premiers d’une manière inattendue, dans un banal bar à karaoké. J’étais venu pousser la chansonnette avec un ami filipino et je fus à peine surpris par l’obscurité enveloppant la salle quand nous pénétrâmes dans l’établissement. J’entamai bientôt avec conviction une interprétation de Highway to Hell en lâchant les chevaux, sans m’apercevoir qu’un rideau de burikat s’était déployé derrière mon dos, chacune affublée d’un numéro épinglé sur la poitrine. Une investigation poussée m’apprit que ces burikat se destinaient essentiellement aux locaux, donc peu de rapport avec mon enquête.

Deuxième occurrence hier soir sur le « Boulevard », cette longue allée piétonnière longeant la mer et prisée des promeneurs vespéraux. En face du Why Not, une espèce de bar-restaurant-club-karaoké-épicerie-business center, je remarquai une paire de jeunes femmes posées sur un banc alors que j’entamai ma promenade digestive. Je m’approchai, mû par une curiosité scientifique, et observai leur manège. Dès qu’un Blanc entrait dans leur périmètre de stationnement, leurs traits s’animaient, leur gestuelle s’épanouissait dans des gammes érotico-ridicules (écartement léger des cuisses, déhanchement subtil, jeté de chevelure dans le dos). Le Blanc, affectant d’être blasé, ralentissait à peine, jetait un œil paresseux, son regard se promenait sur les ruptures osseuses et les cassés de reins, puis il s’arrêtait un peu plus loin, le regard dans le vide, attendant qu’une des jeunes femmes l’interpelle. Echanges de phrases courtes, hésitations, miaulements,  grattage de tempe et puis l’une d’entre elle, finalement, partit avec l’un d’entre eux –un étalon chauve et pansu d’1m60. Je passai devant la jeune fille restée seule en feignant d’observer les étoiles et constatai qu’il s’agissait d’un bayot (= homosexuel), voire même d’un ladyboy à en juger par sa poitrine légèrement protubérante. Je continuai mon chemin pensif, habité par la conviction que mon enquête était sur le point d’aboutir.

18/03/2012 : Mon troisième et dernier terrain d’investigation fut Cebu, la capitale de l’archipel des Visayas. Je n’y suis resté qu’une nuit, le temps d’inspecter le quartier chaud de la ville : Mango Square. C’est sur ce petit périmètre, constitué d’une place où dès 21 heures commencent à rugir les puissantes basses émises par la multitude de bars qui la circonscrivent, que se concentre la vie nocturne orientée « foreigners ». Après un massage classique, c’est-à-dire sans bonus masturbo-tarifé, je m’installai sur la terrasse d’un bar, une bière en main. Il ne me fallut pas attendre plus de dix minutes pour voir débouler à ma table un groupe de quatre individus tout sourire, quatre femmes courtement vêtues de minijupes remontées jusqu’à la naissance de strings aux couleurs criardes. La plus hardie du groupe ne tarda pas à m’adresser la parole en des termes familiers. « Hi honey, what’s your name ? »  Ça commençait mal, je déteste qu’on m’appelle honey.

« Gilbert, why ?
-Gilbert ? What a cute name, honey ! You know you’re so sexy, hahaha ! Where do you come from, honey ?
– Ouzbekistan, why ?
– Ouzbe-what ?
– Nevermind. So guys, what are you looking for tonight ? Any gwapo foreigner in sight ?
– We found you, honey, hahaha !
– Sorry guys, I am a scientist, I’m just writing an article for Jean-Michel Spermufle about relationship between old fat foreigners and young girls like you.
– Hahaha, you’re so funny Gilbert ! Where is your friend Spermufle ? Is he handsome like you ?
– If you like abundant pilosity, sure you will kiff his race.
– What ?
– Nevermind. So tell me about your boyfriends ? Why young ladies like yourselves are willing to fornicate with old monkeys like the guy behind me ? (Il y avait juste derrière moi un individu, la soixante-dizaine, le crâne bien lisse, chemise à fleurs impeccable, beau visage parcheminé, qui sirotait une bière seul, jetant des regards tous azimuts).
– Hahaha, you’re so funny honey ! » Et c’est là qu’une des demoiselles remonte sa jupe et s’attrape ce qui semble être rien moins qu’une pine –SA pine, vraisemblablement attachée à son corps avec des molécules de chair. Mince alors, je me suis fait rouler dans la farine, songé-je, penaud…

Mon étude s’arrêtera donc ici, Spermoufle. Mais ne t’en fais pas, je pousserai l’investigation d’ici peu à Bali, ma prochaine destination.

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Un commentaire pour Périple Mou

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