Big Dick

(10/01/2012 by Spermufle)

De quelle manière les gens réagissent-ils ordinairement lorsqu’on leur désigne untel comme un ingénieur ou un avocat ? Par un lapidaire « ouaouh », qui traduit sobrement toute l’admiration que pareils individus inspirent. Le prestige lié à ces fonctions ouvre bien des portes. Ainsi est-ce le genre de type qu’on présente volontiers à ses parents, qu’on choisit préférentiellement comme donneur dans les banques de sperme (voir ici), et qui obtient plus facilement des prêts bancaires. Ces gars passent sont réputés former l’élite intellectuelle d’une nation, sans laquelle aucun état ne peut fonctionner de manière efficiente. Pourtant, il ne s’agit que d’un vulgaire préjugé, qui ne tient pas la route un seul instant lorsqu’on le confronte au réel. Les deux cas suivants montrent clairement qu’on peut tout à la fois faire preuve d’une intelligence pragmatique remarquable (concentrée exclusivement sur les tâches professionnelles) et être un abruti fini.

Le canadien Garry Hoy, ingénieur de formation et avocat du respectable cabinet Holden Day Wilson, veillait en permanence au confort et à la sécurité de ses collègues. Doté d’une grosse paire de burnes (et certainement d’un petit index), cet individu avait l’habitude de se précipiter contre les vitres du Toronto-Dominion Centre où il travaillait, afin de mettre à l’épreuve leur solidité. Le soir du 9 juillet 1993, la firme donnait une fastueuse réception dans ses locaux. Scrupuleux comme un délégué du CHSCT, Garry voyait avec inquiétude les stagiaires s’agglutiner dans une petite salle de conférence. Un accident est si vite arrivé ; Hoy s’est donc empressé de tester la solidité des carreaux en se jetant sur eux. Aussi robuste que les vitres du bâtiment, Hoy aurait certainement pu féliciter l’intendant quant au choix du matériel s’il n’avait trouvé la mort en chutant du 24è étage, après avoir déboîté la fenêtre d’un coup d’épaule vigoureux. Lourde perte d’après son patron, qui tenait Garry pour son collaborateur le plus brillant. Le cabinet a déposé le bilan deux ans plus tard.

Bien connu dans le milieu pornographique sous le pseudonyme de Mr. HandsKenneth Pinyan était dans le civil un ingénieur besogneux, à tel point qu’aucun de ses collègues chez Boeing ne soupçonnait l’extravagance de ses penchants. Ainsi, tout comme Guy Lux et Omar Sharif, il entretenait une passion immodérée pour les chevaux, allant jusqu’à concrétiser sexuellement son amour pour la plus noble conquête de l’Homme. Il avait maintes fois repoussé les limites de sa capacité d’absorption rectale ; la partie de baise du 1er juillet 2005 s’annonçait donc tout à fait banale. Caméra au poing, et bite au cul, il croyait connaître un nouvel orgasme (non frelaté) dont il aurait posté la vidéo sur internet.Flanqué du dandy farmer James M. Tait (son complice et cameraman), Pinyan avait choisi la date du 1er juillet 2005 pour s’introduire dans la ferme d’Enumclaw (état de Washington), théâtre habituel de ses ébats non-conventionnels. Sitôt arrivé, il a jeté son dévolu sur Big Dick*, un pur-sang arabe aux dimensions prometteuses. L’animal s’est malheureusement montré plus fougueux que prévu, et a foudroyé le colon de l’infortuné Pinyan (Enumclaw signifie « bruit de tonnerre » dans la langue des indiens Salish). Accaparé par la douleur, son esprit n’a pu élaborer un bobard convaincant pour expliquer sa blessure (« je jardinais dans mon potager, et je me suis malencontreusement assis sur une carotte »). Il s’est éteint à l’hôpital, après avoir attendu d’être au seuil de la mort pour se faire examiner. Cette histoire a inspiré un film documentaire, intitulé « Zoo » (Le titre « L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux » étant la propriété intellectuelle de Touchstone Pictures), lequel a été projeté au Festival de Cannes en 2007. Vous pourrez trouver plus d’informations en parcourant Wikipedia à la catégorie « célébrité morte de péritonite »  (c’est ainsi que j’ai découvert le destin tragique de ce Monsieur).

* Par respect pour les proches de l’équidé, son nom a été modifié.

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