Adopteunmol

(02/01/2012 by Spermufle)

Aujourd’hui, je rebondis sur un propos récurrent dans la bouche d’ami(e)s quelque peu désemparés au sortir d’une longue relation de couple : « Je vais me redonner confiance en moi et en mon charme en faisant des rencontres« . Entreprise on ne peut plus légitime sur le papier, et dont la concrétisation à court terme implique la fréquentation de lieux dédiés. Brassant une population considérable, les sites internet laissent entrevoir aux utilisateurs une infinité des possibles. Ainsi pense-t-on pouvoir sélectionner des partenaires 100% conformes à un idéal esthétique souvent très académique, sans avoir à transiger avec ses critères comme le monde extérieur oblige à le faire (on ne croise pas tous les jours des spécimens comme ça ou ça).

Après quelques heures/jours à camper sur ces sites, les utilisateurs au physique banal, voire un peu moche sur les bords, recollent toutefois au principe de réalité : la séduction est un marché, et pour obtenir des articles de grande valeur il faut avoir soi-même beaucoup à proposer. Les beaux et/ou bien foutus choisissent les belles et/ou bien foutues, et réciproquement. Les moches remballent bien vite leurs illusions (surtout s’il n’y a pas d’espaces tels que les forums pour mettre en scène leur ego et compenser le handicap esthétique), finissant par cibler leurs homologues déconsidérés. Les femmes détiennent cependant un petit avantage : la sur-représentation masculine, et le grand nombre d’utilisatrices en quête d’un conjoint et futur reproducteur, donnent tout son sens à l’expression « les hommes proposent, et les femmes disposent ». Autrement dit, une femme laide et qui n’est pas une foldingue de l’engagement affectif durable trouvera toujours un pénis complaisant (généralement un type moins moche qu’elle, mais rembarré par les jolies), tandis que son équivalent masculin devra se la mettre sous le bras.

En somme, les internautes lambda se choisissent par pragmatisme, sans désir vivace pour le (la) partenaire ainsi recruté(e). A de rares exceptions près, ces rencontres demeurent furtives, faute de réel enthousiasme mutuel (on se force à trouver chez sa ou son amant(e) des qualités auxquelles se raccrocher pour éclipser ses défauts), et de réelle complicité tactile voire sensuelle. Elle reposera plutôt sur une posture sexuelle pré-établie par l’intermédiaire de conversations coquines relevant de l’interrogatoire. Ce type de rencontres ne constitue donc pas la preuve décisive que l’on détient encore du charme : elles prouvent surtout qu’on est capable d’être là au bon moment et au bon endroit (pour les hommes), ou qu’on possède encore un vagin (caractéristique suffisante pour qu’une femme déclenche l’intérêt érectile des désoeuvrés de la zigounette). Que résulte-t-il de ces des parties de jambes en l’air, obtenues bien souvent sous l’effet conjugué de la misère sexuelle et, bien souvent, de la désinhibition alcoolo-cannabique ? Du sexe à peu près vide de sens, une fois expurgé de sa composante narcissique, et des histoires qu’on aime bien se raconter. Au pire, on s’est emmerdé et on regrette ; au mieux, on a connu un orgasme frelaté, comme si l’on s’était simplement branlé avec le corps du partenaire de passage. 

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