Le raciste

(23/11/2013 by Artémise)

Il m’avait « réservée » pour la soirée. Un dîner, et puis ensuite… Je vais pas vous faire un dessin. Il est passé me prendre en voiture au lieu du rendez-vous, grand, corpulent, environ 30/35 ans. Le trajet pour nous rendre au restaurant était en fait bien plus long que ce qu’il m’avait assuré au préalable et nous avions largement le temps de « faire connaissance ». Lui de s’épancher complaisamment, moi de jouer mon rôle de poupée mécanique qui est ce qu’on attend d’elle. Il se disait grec, je le pensais plutôt d’origine turque, il n’avait pas d’accent et lâchait parfois quelques détails saugrenus sur ses origines. Le restaurant était en fait un club échangiste situé dans un bled paumé qui servait des repas sur réservation et dissimulait quelques activités de prostitution. Des hôtesses étaient régulièrement recrutées pour proposer des massages avec finition, et quand le personnel venait à manquer c’était la patronne, âgée d’une cinquantaine d’années, qui assurait le service sous l’œil complice de son mari. Je faisais ce qu’il me demandait, je donnais le change pour qu’on croit en nous voyant à un couple lambda. Les patrons n’étaient pas dupes mais l’orgueil de mon client lui permettait de croire que si. J’ai trouvé le trajet du retour affreusement long, la soirée avait été éprouvante pour moi même si la passe en elle-même n’avait duré qu’à peine dix minutes, un missionnaire laborieux et presque pas de préliminaires. Il se mettait à me parler des Noirs, de femmes Noires en particulier. Un copain à lui s’était fait arnaquer par l’une d’elles mais j’ai très vite compris qu’il parlait en fait de lui même. Il s’était fait pigeonner et sa rancœur n’avait apparemment aucune limite, ses déboires avaient ouvert la vanne d’un flot d’intolérance et de racisme primaire qui devaient croupir au fond de lui jusque là. Les Noires puaient, elles étaient manipulatrices, menteuses, voleuses, c’était « dans leurs gènes »… Il passait de l’indignation à la moquerie la plus crasse, la voiture roulait au milieu de nulle part et moi je me mordais la langue pour ne pas l’insulter. J’avais honte aussi, honte d’accepter d’être le réceptacle d’une telle merde idéologique, honte d’acquiescer quand il me le demandait parce que j’étais payée pour cela.

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Le pervers

(07/11/2013 by Artémise)

Il faisait nuit noire, le taxi m’a déposée devant l’enceinte du collège dont mon futur client est le concierge/homme à tout faire. C’est un homme maigre et passablement édenté qui m’ouvre la porte avant de me proposer de m’asseoir et de prendre un verre. Je suis venu pour un rdv « classique » d’une heure, une heure et demi maximum, mais il ne l’entend pas de cette oreille et je suis loin de chez moi, pas d’autre solution que de payer à nouveau 50 euros à un taxi pour repartir. Il veut parler. De lui, de moi, mais surtout de sa fille de 16 ans dont il me montre la chambre ainsi que des photos. « Elle est belle hein ? tu t’entendrais bien avec elle ». Il veut parler, longtemps, d’à quel point il aime sa fille, il veut aussi et surtout que je mette un de ses pyjamas. « Pour que tu sois plus à l’aise ». Je tente de refuser sous n’importe quel prétexte, d’embrayer sur le côté « physique » du rdv, rien n’y fait. Son truc, c’est que j’aille dans la salle de bain pour enfiler le t-shirt court et la culotte que sa fille met pour dormir quand elle est chez lui. Ce qu’il, veut c’est me voir vêtue comme cela pour me baiser. J’ai franchement la trouille, et c’est exactement pour cette raison que je m’exécute au lieu de tenter de me barrer. Il m’emmène dans sa chambre et tient à ce que je garde le t-shirt, imprégné du parfum de l’adolescente, pendant toute la durée de la passe. Et moi, je regarde ce père incestueux aller et venir entre mes cuisses complaisantes.

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Le Puceau

(06/11/2013 by Artémise)

On s’est retrouvés dans le bar d’un hôtel du centre ville, à prendre un verre ensemble avant de monter dans la chambre. Il avait l’air très jeune, bien plus que l’âge qu’il annonçait, et le reste de son discours (« j’ai une copine mais on se voit pas souvent ») n’était guère plus crédible. Fluet, les traits fins et délicats, timide et absolument passif. L’air d’un étudiant entretenu par des parents aisés. Aucune exigence particulière, tout à fait prêt à se contenter de ce que je voudrais bien lui « donner » malgré l’importance de la somme déboursée. C’était absurde, aucun de nous deux n’était à sa place dans cette chambre d’hôtel. J’ai fait semblant de croire à ses mensonges, ça fait partie du « job », en maudissant l’idée reçue moyenâgeuse qui voue aux gémonies les mecs puceaux, timides, inexpérimentés… Au point de trouver ça logique d’aller se faire dépuceler par une pross comme on irait se faire soigner chez le médecin d’une maladie honteuse. Après le rendez-vous je me suis sentie assez déprimée, assez mal à l’aise dans la peau d’une petite prol’ venant de dépuceler un gosse de riches paumé pour une poignée de billets.

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Automate

(05/11/2013 by Artémise)

Je l’entendais s’extasier sur mon ventre plat et mes 20 ans, la douceur de ma peau. Puis je l’ai vu ahaner sur mon corps, dans mon corps, en m’écrasant de tout son poids. J’avais du mal à respirer à cause de ma cage thoracique compressée et de l’abominable haleine qu’il me soufflait au visage. Je me concentrais sur ça, respirer et me retenir de hurler « arrête ! » en le repoussant. Il ne me serait même pas venu à l’esprit de lui demander de changer de position, ou à tout le moins de ne pas peser de tout son poids sur moi. Je voulais juste que ça se termine le plus vite possible, ne pas couper son excitation, qu’il jouisse. Je ne sais plus si il m’a baisée deux ou trois fois, par contre je me souviens bien du soulagement d’en avoir fini la première fois mêlé à l’angoisse de devoir m’y soumettre à nouveau. Pour moi, par la suite, ça a toujours été un problème de savoir exactement en quoi une passe allait être insupportable, ça explique en partie pourquoi j’ai toujours évité d’avoir des « habitués ». L’anticipation du truc me rendait dingue, ça se révoltait trop en moi. Je me sentais piégée et pleine de dégoût. Il a fallu que je sourie et que je lui fasse un brin de conversation. « Ca va ? ». « Oui ». Prononcé d’une voix douce, un petit oui suffisamment léger et serein pour donner le change. En réalité d’une extrême violence, celle que je me fais à moi-même pour arriver à le prononcer si bien et à y assortir l’expression de mon visage. J’ai refusé de me laver chez lui, d’utiliser ses produits, une de ses serviettes de bain… Et je suis rentrée chez moi comme un automate : absolument neutre en apparence, atrocement mortifiée jusqu’au plus profond de moi. 

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La première passe

(04/11/2013 by Artémise)

Je ne comptais pas le faire. Le contrat officieux était clair, faire « l’hôtesse » pour remplir le frigo et payer le plus urgent mais pas de sexe. A la fin de la deuxième bouteille de champagne j’étais ivre sur un canapé à l’étage, avec le client, un gros routier quinquagénaire. Il m’a proposé qu’on fasse un marché : au lieu de reprendre une autre bouteille, il préférait me donner l’argent directement en échange d’une pipe, au lieu d’une commission en buvant. Ma première passe. Je ne voulais pas. Il a insisté, encore et encore, j’ai réitéré mon refus. Je n’avais que vingt ans, j’étais dans la merde, je venais juste d’échouer dans le milieu des bars à hôtesses, tout ceci il le savait. Et puis il a sorti une grosse liasse de billets et me l’a tendu. « Prends, tu en as besoin, et en échange je ne te demande pas grand-chose. C’est une belle somme, bien supérieure aux tarifs en vigueurs, réfléchis au fait que tu risques de le regretter plus tard ». Je me suis retrouvée avec ce fric dans la main, j’ai hésité, pensé à ma situation, j’ai mis les billets dans ma bottine et je me suis exécutée en me disant façon leitmotiv « pourvu que ça finisse vite ». Ce soir là, en rentrant chez moi, j’ai vomi tout ce que je pouvais avant de me taillader les avant-bras à coups de lame de rasoir.

Encore aujourd’hui je ne suis sûre de rien, c’est-à-dire que je ne saurais affirmer en toute honnêteté que, sans ce mec, je ne me serais jamais prostituée.  

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Les lois qui tuent

(01/11/2013 by Artémise)

Pénaliser et harceler les personnes qui se prostituent (lois sur le racolage, entre autres, pour ceux qui n’auraient pas suivi) fait partie des actions gouvernementales à fourrer dans la liste des choses allant odieusement à l’encontre des droits de l’Homme et du devoir de solidarité le plus élémentaire. Face à deux protagonistes dont les intérêts s’opposent dans un rapport de force (définition d’un rapport commercial/salarial aujourd’hui en France) en l’occurrence putes vs clients, j’aurais tendance à préférer que la loi protège le plus vulnérable des deux.

savez-vous pourquoi cette illustration figure ici ? pour aucune raison valable

savez-vous pourquoi cette illustration figure ici ? pour aucune raison valable

Dans le cadre de la pross, quelle soit réglementée ou pas, le rapport commercial influence le comportement de l’acheteur qui va raisonner, grosso modo, comme tout consommateur lambda. C’est à dire qui ne voit pas forcément le mal à chercher à obtenir plus quitte à être “roublards ». Un consommateur averti ne « se fait pas avoir », « fait de bonnes affaires » et « obtient plus de satisfactions que la moyenne »… et pourra se dire qu’un doigt ou un baiser intrusif n’est ni un « vol de service », ni une agression, plutôt une sorte de tentative de négociation, d’obtenir du rab. Quelque chose d’anodin et qui fait partie du job. Contrairement à d’autres je ne crois pas que « prostitution=viol ». Je ne crois pas non plus que « prostitution=sexualité entre adultes libres et consentants » parce que même quand il s’agit effectivement d’adultes libres et consentants je doute qu’il s’agisse réellement de sexualité concernant ceux qui prennent l’argent (mais ceci mériterait d’être étayé). Par contre, je sais que la prostitution expose énormément aux viols, commis par la force, la menace ou le chantage, et l’on peut dire que les « dérapages » et autres « roublardises » des clients ne sont pas autre chose, d’un point de vue pénal, que des agressions sexuelles voire des viols par surprise.

Je suis plutôt d’accord avec le discours strassien pour remettre en question le fait d’amalgamer systématiquement les agresseurs des prostituées et leurs clients. Il est évident pour moi que bon nombres d’agressions sont le fait de prédateurs profitant de la possibilité d’établir un contact avec des cibles plus ou moins choisies parce qu’accessibles, et qui se font passer pour des clients qui volent, violent, frappent, tuent. Et puis qu’il y a des clients, des « vrais », qui abusent et violentent, profitent de leur statut de clients pour imposer, et engraissent principalement les macs, les dealers et les huissiers étant donné qu’ils ont une forte prédilection pour la facilité (je parlais plus haut de prédateurs, ici charognards serait plus approprié concernant leurs stratégies). Enfin il y a des clients qui respectent les termes du contrat et se contentent globalement de bonne grâce de ce que les putes leur proposent comme transaction (ce qui n’évacue pas toujours, loin de là, les risques de conséquences néfastes de l’activité sur les pross).

le projet de loi pénalisant les clients pourrait être plus dissuasif que prévu

le projet de loi pénalisant les clients pourrait être plus dissuasif que prévu

Ces derniers représentent principalement la clientèle que j’ai pu avoir lorsque je pouvais me permettre d’exercer un tri drastique, de ne pas négocier mes tarifs (pourtant élevés) ni mes pratiques (pourtant pas du tout représentatives de l’éventail courant des acronymes à cocher (GFE, FK, CIM, COB, etc)). A chaque fois ou presque que j’ai été dans l’urgence et/ou en situation de vulnérabilité j’ai eu affaire à la deuxième catégorie voir à la première (les prédateurs). Et nul besoin pour ça que les putes soient stigmatisées, les prédateurs et les clients abuseurs ne sont pas plus idiots que la moyenne. Ils comprennent très bien quelles opportunités de nuire leur offre le principe même de la prostitution. Ils comprennent aussi instinctivement comment les saisir. Il parait impossible de mettre les victimes potentielles efficacement hors de portée des malfaisants, à moins de les enfermer et de les mettre sous surveillance permanente (normalement c’est à ce moment là que quelqu’un a l’éclair de génie de beugler que la solution c’est de rouvrir les bordels. Sans commentaire.).

Pour que les pross puissent exercer avec le moins de contraintes possible, il ne parait pas forcément idiot que le législateur leur donne comme arme l’épée de Damoclès qui se trouverait au-dessus de la tête de chaque client : une loi pénalisant ces derniers. Et à mon avis c’est surtout pour ça qu’on entend si fort les hommes s’indigner au sujet de cette fameuse loi. Plus que la crainte de ne plus pouvoir avoir accès à la prostitution, qui n’est de toute façon pas fondée* (et puis merde, ils étaient où quand elle est passée la loi sur le racolage ???) c’est la conscience plus ou moins aïgue que cela modifierait le rapport de force qui est majoritairement en leur faveur au sein des transactions prostitutionnelles. On a pu constater que les lois sur le racolage n’ont fait de dégâts que sur certaines catégories précises de prostituées, et on sait aussi pourquoi. On sait à qui elle a donné du pouvoir (flics, prédateurs, macs, clients) et aux dépens de qui. On peut raisonnablement envisager que la loi de pénalisation ne fera au pire de « dégâts » que sur une catégorie bien précise d’individus : les clients.

On dit que la loi rendra la prostitution encore plus clandestine et donc plus dangereuse. C’est en tout cas ce que produit le fait de pénaliser les putes (et de « nettoyer » les centres villes), c’est vrai, en plus que d’acter qu’elles ne sont pas dans leur droit, contrairement aux clients, ce qui ajoute de gros facteurs de vulnérabilité au tableau. Premièrement, j’aimerais bien qu’on m’explique comment une loi qui pénalise non plus les putes mais leurs clients, pourra faire pire que celle effectuant l’exact inverse et qui n’a, même si les conséquences n’ont été que négatives, pas à ce que je sache fait migrer la prostitution dans des lieux inaccessibles tels que des maquis ou des forteresses souterraines. J’ai du mal à imaginer, aussi, comment la demande pourrait baisser du jour au lendemain au point que les (encore plus de) putes se retrouveront à mourir de faim (de froid, de crise de manque, du sida…), et soi-disant dans l’indifférence générale. J’ai encore jamais vu de loi ayant d’effets si foudroyants, quelle est donc la particularité de celle-ci ? A-t-on constaté cela en Suède, pays abolitionniste

Nicolas Bedos est formel : la prostitution canalise les comportements déviants. Ici, un jeune suédois rendu barjot par la loi abolitionniste

Nicolas Bedos est formel : la prostitution canalise les comportements déviants. Ici, un jeune suédois rendu barjot par la loi abolitionniste

La loi est cependant lacunaire car le volet social n’est pas assez étoffé. Les moyens ne peuvent découler que d’une volonté populaire qui ne surviendra que si l’on parle de la pross comme de ce qu’elle est : quelque chose de trop souvent destructeur, sans doute même intrinsèquement. Sans cette reconnaissance, aux antipodes du discours « c’est un métier comme un autre », il sera presque impossible de mobiliser la solidarité nécessaire à la protection des prostituées les plus vulnérables (qui se trouvent être aussi les plus nombreuses). La sensibilisation aux problèmes se trouvant en amont et et en aval de la prostitution est primordiale, celle des flics comme celle de l’opinion publique. En attendant l’avènement du fameux « empowerment » par le biais de la prostitution et l’effondrement du système-capitaliste-exploiteur il serait peut être bien de tenter de limiter le massacre, et pour cela on ne peut se permettre de minimiser la responsabilité des clients dans les violences subies par les pross. Ou alors, on est un Tartuffe.

* A vrai dire je ne crois absolument pas que l’application de la loi pénalisant les clients de la prostitution fera « disparaître » la prostitution. Et je ne pense pas non plus que son effet dissuasif/éducatif sera un minimum probant avant quelques décennies. Par contre ce que je pressent fortement c’est que, sur le lieu de la passe et au moment de la transaction, l’existence même de cette loi pourrait équilibrer le rapport de force en faveur des putes. Au moindre dérapage, et pour peu que les représentants de la force publique soient dûment formés, les clients pourront être dénoncés, et je pense que rien qu’à cette idée ils se poseront un peu plus la question du respect de l’autre. 

prédateur abolitionniste en goguette

prédateur abolitionniste en goguette

ALERTE ROUGE !!! Une rumeur circule sur les réseaux sociaux, au sujet d’un prédateur abolitionniste et manipulateur rôdant sur la toile. L’individu ciblerait principalement des putes en fragilité dans le but de les faire sortir du tapin. Je préconise la plus grande prudence, ainsi qu’une solidarité de circonstance. Il paraîtrait aussi que ses agissements seraient en grande partie à l’origine de la bouse des 343 salauds, à juste titre effrayés et scandalisés par tant de fourberie liberticide.

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Spermilogue

(15/10/2013 by Spermufle)

Récemment, j’ai parcouru la TL (équivalent twittesque du mur sur Facebook) de deux individus que l’on peut caractériser, chacune à leur manière, comme des militantes « Sex-Positive ». La première a réagi vivement au discours tenu sur un forum féministe. « Pourriture ! », a-t-elle écrit, à l’endroit d’un intervenant qui reprenait à son compte (certes maladroitement) le discours de Muriel Salmona. Ce discours limpide, appuyé par une méthodologie sérieuse, peut être résumé ainsi : les individus au parcours traumatique (carences affectives, agressions sexuelles, etc) sont sur-représentés dans l’industrie du sexe – pornographie ou prostitution par exemple. En d’autres termes, les traumatismes juvéniles représentent un facteur de risque majeur pour les conduites imprudentes, voire masochistes. Ce point de vue, qui remet en cause l’illusion orgueilleuse du libre-arbitre absolu, est tout bonnement intolérable pour la twitteuse évoquée ci-dessus. Cette dernière a d’alleurs ajouté que c’était « déterministe » et « culpabilisant ».

Exemple de libre-arbitre. Très libre, très décontracté du gland

Exemple de libre-arbitre. Très libre, très décontracté du gland

La culpabilité. Ce même terme a jailli de la plume d’une seconde twitteuse, qui loue l’accès à ses organes génitaux depuis plusieurs années. Il était question d’un certain discours abolitionniste : celui qui considère que la prostitution n’est rien d’autre qu’un phénomène consolidant les fondations du Patriarcat. En effet, toute forme de sexualité transactionnelle accrédite l’idée que les corps (féminins en particulier) sont des objets à disposition du bon plaisir des hommes. A condition toutefois d’y mettre le prix, raison pour laquelle ces messieurs sont incités à briguer les places les plus élevées sur l’échelle sociale. Leur intérêt est donc d’éliminer le plus de rivaux possibles (schéma de compétition), et à ce titre, l’exaltation des « valeurs féminines » en fait partie : une femme qui se retranche derrière ses casseroles représente une concurrente de moins.

La culpabilité, toujours. Chaque blogueur/se ayant un jour traité de la culture du viol, ou tout autre avatar du machisme, a nécessairement reçu un commentaire de type « seau de vomi », émanant d’un chouineur lui reprochant de « culpabiliser » les hommes dans leur ensemble. De la même manière, quiconque traite des privilèges/prérogatives dont jouissent certaines catégories de population (les hommes par rapport aux femmes, les Blancs par rapport aux Noirs, etc) est immanquablement confronté à un râleur qui hurle à la « culpabilisation ». Il est fréquent que ces râleurs s’appuient sur leur cas propre (conditions de vie misérables) en espérant discréditer les arguments adverses. J’ai d’ailleurs le souvenir d’un débat sur Rue89 où l’un d’eux a manié le terme de « pourriture » pour désigner son contradicteur.

Ménager les egos à vif oblige à des contorsions rhétoriques pénibles

Ménager les egos à vif oblige à des contorsions rhétoriques pénibles

De tout ceci, je retiens une chose : à moins de trier ses interlocuteurs sur le volet, il est impossible de mener un débat sans qu’il ne soit parasité par une charge affective insoutenable. Quel que soit le ton adopté, la diplomatie dont on peut faire preuve, le porteur de mauvaises nouvelles est systématiquement brocardé. Peut-être est-ce lié à notre culture, gangrénée par l’orgueil et ses avatars pathologiques (fierté, honneur, exacerbation identitaire de type tribale – patriotisme inclus), où personne ne veut se sentir culpabilisé et où par conséquent personne ne se responsabilise (puisque chacun semble confondre ces deux concepts pourtant distincts) ? Peu importe, j’en conçois une vive lassitude qui m’amène à céder le crachoir à Artémise, la nouvelle maîtresse des lieux. Naturellement, elle traitera toujours de féminisme (exploitant son bonus vagin, +15 points de crédibilité par rapport à un homme à discours équivalent), mais aussi de pornographie, et introduira bientôt le thème des relations assertives. D’ailleurs, puisqu’il est question de porno, je vous invite à jeter un œil à ce lien qui répertorie les mots-clefs les plus recherchés sur les sites X en fonction des pays. On y fait de curieuses découvertes, notamment la puissante homo-curiosité des Ukrainiens, le penchant prononcé des Roumains pour l’inceste mère-fils, des Brésiliens pour les jeunettes, les pulsions de viol des Indiens, ou encore la récurrence des fantasmes interraciaux (les Français tapent volontiers « Beurette », les Britanniques « Indian », et les Kenyans « White Anal »), possiblement associés à un désir de conquête/possession des femmes de la « tribu adverse ».

Sur ce, je me barre immédiatement, en rappelant que quiconque souhaite savoir comment l’on peut passer de client-prostitueur à militant abolitionniste peut assouvir sa curiosité ici. 

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